Enfin samedi à Rauma, mais c’était pour la blague, Étienne Daho a chanté « Week-end à Rome » à fond dans la voiture sur trajet. Pas tout le trajet qui dure 2h quand même, le reste du temps on a écouté les épisodes de Tintin par la comédie Française sur France culture, un régal pour conduire longtemps.

Rauma est une petite ville en bord de mer. D’ailleurs, j’avais évoqué la Baltique gelée sur la route de la Laponie, mais de ce côté là c’est plutôt la mer de Botnie, c’est la Baltique mais dans le golfe de Botnie. Étonnamment il y a moins de mouettes qu’à Tampere en ce moment.

Le vieux Rauma est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, pour ses petites maisons en bois colorées dont les fenêtres sont entourées de reliefs découpés, représentatives de l’architecture du XVIIe et XVIIIe siècle. Rauma est connue aussi pour sa dentelle. Nous nous sommes contentés d’une promenade dans la ville, car en ce premier week-end de mai, les musées étaient fermés.










Une pompe à eau qui ne parait plus en service est érigée sur une petite place. Les enfants se sont amusés à actionner le bras de la pompe, le bruit a résonné sur la place, on a fait chhhhhhhhhut et on a continué notre balade. Les enfants ont particulièrement aimé le bord du ruisseau qui passe derrière Pyhän Ristin kirkko (l’église de la Sainte Croix). Le soleil était écrasant bien qu’il ne fasse pas très chaud, et les rues bordées des bâtiments bas ont rappelé à Maxime les rues de Trinidad à Cuba. À moi la ville m’a fait penser à un décor de cinéma, de western précisément.


Les enfants ont joué dans les ruines de l’église Sainte Croix, puis nous sommes allés au bord de la mer, sur le port. Le petit bain dans la mer était revigorant pour tout le monde sauf Solal qui s’est contenté de profiter des rochers en maillot de bain. On a indéniablement acquis une résistance au froid cette année, et peut-être un peu de sisu aussi, qui sait.



Le mot sisu est un mot intraductible dans une autre langue que le finnois, car il désigne une manière d’être qui fait partie de la culture Finlandaise. C’est un mélange de détermination, de courage, de ténacité face aux épreuves que nous avons à surmonter. Par exemple, en ce moment, Maxime fait des exercices de statistiques le soir, et ça lui demande une certaine dose de courage et de persévérance qu’on pourrait je pense qualifier de sisu, sachant qu’il pourrait aussi aller se coucher ou se distraire autrement. Aller se baigner dans la mer froide ou faire trempette dans un avanto en plein hiver comme on a pu le faire (le trou dans la glace), est un excellent moyen de travailler son sisu.


C’est différent de la résilience, qui intervient après un événement traumatique ou difficile. C’est la capacité à affronter les difficultés qu’on peut rencontrer, plus ou moins graves. Il est aussi possible d’avoir un excès de sisu, dans ce cas c’est une incapacité à lâcher-prise, à passer à la suite. Katja Pantzar, une journaliste Finlandaise, a écrit plusieurs livres sur le sujet, et elle écrit que les Finlandais sont particulièrement efficaces et créatifs quand ils sont dos au mur. Sur ce, je vous laisse méditer sur votre sisu*.

*Sisu: selon la définition de Maxime, le sisu, qui se prononce sissou, c’est un Finlandais (on peut l’appeler Lasse Virén) qui court un 10000 mètres, il tombe au 12ème tour, se relève, gagne la médaille d’or, bat le record du monde tout ça sans un sourire, dit nonni, va au sauna, et retourne s’entraîner.
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