Auteur/autrice : Clémentine Paré

  • J267 Le printemps arrive

    On dirait bien qu’on est tiré de l’hiver, voilà maintenant une semaine que le soleil chauffe. Les jonquilles sont dans les jardinières, les feuilles des tulipes émergent, le feuillage des buissons éclot. On nous a prévenu, jusque fin mai, il peut encore faire froid et geler fort. L’arrivée du printemps nous a fait quitter les doudounes, je n’ai plus qu’une paire de chaussettes aux pieds et j’ai rangé les bottes fourrées.

    Il y a quelques semaines, Achille a eu un rendez-vous chez le dentiste. À vrai dire on n’avait pas vraiment prévu d’aller tester les consultations médicales, repoussant l’échéance au retour en France tant qu’il n’y avait pas d’urgence. Mais on a reçu un courrier avec une invitation pour le check up annuel, je me suis dit qu’on recevrait peut-être une invitation à une consultation pour les mauvais parents si on refusait (je me sens obligée de préciser que ça n’existe pas mais vous vous en doutiez). Ça fera une nouvelle expérience, on va voir ce que ça donne avec la sécu.

    Le jour dit on y est allé tous les deux avec Maxime, j’ai le trac de dire des bêtises en anglais, et puisque j’ai confirmé le rendez-vous en m’arrachant les cheveux pour l’inscription à Omapirha (un genre de doctolib public), c’était plus juste de partager la tâche. Finalement j’ai répondu sans bafouiller aux questions de la dentiste, pas comme le jour où je suis allée manger toute seule un lunch et où je ne sais pas, je n’avais pas trop les yeux en face des trous, tout ce qui est sorti c’est « just to hit ». Un h se mettait systématiquement dans ma bouche pour prononcer eat (ce qui déjà était une formulation maladroite, on est d’accord). Je vous laisse imaginer la tête de la vendeuse, qui ne devait pas bien comprendre pourquoi je voulais « juste cogner ».

    Les pastilles de xylitol

    La dentiste était au rez-de-chaussée, soit au niveau 1 et non 0. Déjà on attendait au niveau 2 en pensant que c’était le 1. La consultation s’est passée globalement comme une consultation en France, Achille a eu une petite pâte pour combler les interstices et la recommandation de croquer des pastilles de xylitol après chaque repas. Solal en a de distribué au jardin d’enfants. C’est un extrait de d’écorce de bouleau qui tue les méchantes bébêtes responsables des caries, c’est un antibactérien. Achille nous en avait demandé parce que tous les enfants à l’école en avait, jusqu’ici on avait refusé (les mauvais parents) parce qu’il y a aussi des additifs dans la plupart. J’en ai trouvé un sans E36012, depuis il en croque allègrement après le déjeuner à l’école.

  • Miscellanées #7

    Certains jours, le drapeau finlandais est hissé sur un mât devant les bâtiments, dans les jardins et les cours d’immeubles pour commémorer l’anniversaire d’une personnalité importante, une date clef dans l’histoire du pays, une fête…  Ce sont les « jours à drapeau ».

    À Pâques il y a une tradition selon laquelle les enfants se déguisent, et vont échanger des rameaux de bourgeons qu’ils ont décorés contre des bonbons. Cela amène la chance et le bonheur dans les maisons.

    Avanto, c’est le nom du trou dans la glace qu’on fait par exemple pour aller se baigner (avec ou sans sauna!), là il est sous la trappe en bois, c’est pour éviter qu’il se referme.

    La vitamine D existe sous forme de pastilles qui ressemblent à des bonbons.

    La lecture de l’heure est particulière, par exemple pour 8h30, on ne dit pas  » 8 heures et demi » mais « 9 heures moins la demie ». Ça demande une certaine gymnastique à Achille pour les exercices de maths où il doit lire l’heure.

  • J257 Taidekappelli et Naantali

    Dernier jour à Turku en ce lundi de Pâques, commencé par la chasse aux oeufs dans l’appartement parce que dehors, il pleut trop.

    L’oeuf Mignon, une spécialité Fazer dans de vraies coquilles!

    Premier stop à la Taidekappelli, (St Henry Ecumenical art chapel), qui est fermée le lundi mais intéressante à voir de l’extérieur.

    L’intérieur doit valoir le coup d’œil aussi à en croire les photos. Elle a une forme de coque de bateau ou de gros poisson, elle me fait penser à ces chapelles qu’on trouve en Aveyron, avec leur toit en forme de coque de bateau retournée. Mais en beaucoup plus imposant.

    Elle est recouverte de plaques de cuivre en guise d’écailles de toiture (selon professeur Maxime c’est un alliage). Solal a dit que c’était un toit posé sur la colline. On est assez vite retournés à la voiture parce que figurez-vous qu’on avait un peu froid.

    Nous avons ensuite filé à Naantali (qu’il ne faut pas réveiller, sinon Naantali baille) (copyright de Maxime pour la blague).

    Une petite carte postale avec le couple présidentiel ?
    Curiosité architecturale

    Naantali est une petite station balnéaire très mignonne, avec un centre ancien composé de vieilles villas en bois colorées, c’est le lieu de villégiature du Président Finlandais qui a une résidence sur 50 hectares.

    La tour à droite c’est la résidence présidentielle
    L’entrée de l’île des Moomins
    Un tronc avec un toit
    Pâques au balcon

    Il y a aussi une île avec un parc d’attraction sur le thème des Moomins. En cette saison c’était tout vide, ce doit être animé en été, mais ni le froid ni la pluie n’ont gâché la visite, la ville reste jolie. Fin du looooong week-end!

  • J256 Des musées et des rues colorées à Turku

    Hier, samedi, nous avons visité le musée Sibelius, sur la vie du compositeur et plus généralement sur la musique.

    Il y avait même une salle avec plein d’instruments à essayer !

    Le chef d’orchestre absorbé par son travail

    Une fois qu’on a eu suffisamment joué du clavecin, de l’orgue, de la guitare, du piano, de l’accordéon et j’en passe, il était temps d’aller se promener dans un petit bout de la vieille ville, au bord de l’Aura.

    La cathédrale
    L’Aura à droite
    Luostarin välikatu, la rue du Monastère, petite et charmante
    L’entrée de ladite rue
    Nous dans ladite rue

    C’est à ce moment que nous avons constaté que le temps n’était pas du tout celui que vous aviez en France, il faisait 20°C sur la terrasse à Ouistreham et nous, nous étions sous la pluie à 3°C…

    Le musée d’art de Turku
    Drôle de poignée

    Aujourd’hui c’est dimanche, le soleil nous a fait coucou. Nous avons profité de deux musées, un d’art et un autre sur les bateaux. Le musée d’art de Turku est un palais en granit. On y a vu une exposition de Sandra Kantanen, qui travaille la photographie en peintures numériques, en impression pigmentaire. Les œuvres étaient à la fois simplement esthétiques par leurs couleurs et leur composition, et stimulaient la réflexion par la perte de la photographie dans des formes abstraites qui font qu’on ne sait plus très bien ce qu’on regarde.

    Nous avons aussi parcouru les salles exposant une sélection d’œuvres de la collection du musée, je me suis rendu compte, un peu naïvement, que les artistes Finlandais avaient leurs pointillistes et impressionnistes, influencés les artistes Français. Mes cours d’histoire de l’art sont loin, mais je suis à peu près sûre de n’avoir jamais entendu parler de Pekka Halonen par exemple, qui est mis à l’honneur à Paris en ce moment.


    Nous avons ensuite déjeuné au parc de l’église, histoire de défouler ces petites jambes et d’être plus ou moins dans le quotas des 3 heures d’activité physique recommandées par le gouvernement finlandais pour les enfants de moins de 8 ans.

    L’église St Michel


    Le Forum Marinum est rempli d’objets en rapport avec la navigation, de maquettes de bateaux, d’objets à manipuler comme par exemple un vrai périscope de sous-marin et a même une salle de jeu avec un bateau presque à échelle 1. Les enfants ont adoré !

    Fin de journée, on sort du sauna de la salle de bain, et surprise, il neige…

  • J255 Après l’hiver, l’hiver, mais à Turku

    Alors que nous pensions être sortis de l’hiver, que nenni, pas du tout, le printemps a des allures d’hiver Breton, il fait 3°C et il pleut. Nous sommes bien équipés pour braver tous les temps, mais quand même, un peu de chaleur serait bienvenue. Il y a bien quelques jonquilles dans les jardinières qui appellent le printemps à grands cris mais pour l’instant je dois dire qu’il se fait plutôt timide.

    Solal porte une combinaison en softshell + une salopette et un manteau imperméable, Achille porte un sur-pantalon léger imperméable renforcé aux genoux et aux fesses, hyper efficaces contre l’humidité et le froid, on peut acheter ça n’importe où ici, je ne comprend pas qu’on ne vende pas ça en Bretagne.

    C’est le week-end de Pâques, ce sont les dernières petites vacances avant les grandes vacances fin mai. Les enfants ont un jour de congé, plus le vendredi saint et le lundi de Pâques, qui sont fériés, ce qui fait 5 jours de pause.

    Urjalan kirkko


    La météo ne nous a pas empêchés de voyager un peu, nous sommes partis cinq jours à Turku, dans un appartement avec sauna. Quand il pleut et qu’il fait froid, le sauna est d’autant plus agréable pour finir la journée!

    L’horizon ponctué par les îles

    Pour vous situer Turku, c’est la plus ancienne ville de Finlande, fondée vers 1220, et qui en était même la capitale jusqu’au début du XIXe siècle. On est au bord de la Baltique, à l’embouchure du fleuve Aura, mais il n’y a pas de ligne d’horizon maritime puisqu’il y a un archipel d’environs 20000 îles juste devant.

    Turun linna, traduction: le château de Turku
    Le ménestrel avec une arquebuse et un chapeau de fou qui garde la porte des latrines, symbolise l’absurdité de la guerre.

    Nous sommes arrivés jeudi, et après une petite pause sur la route pour déjeuner et admirer la jolie église de Urjala, nous avons parcouru le château de Turku, qui a été construit au fil des siècles entre le XIIIe et le XVIIe. Les enfants ont aimé se promener dans les couloirs étroits et voir les latrines du Roi, dans certaines salles il y a des ombres projetées de dames en robes, de prisonnier ou d’enfant qui joue, des bruitages et des chants dans la chapelle, on a vu les plus vieilles peintures séculaires de Finlande, la visite était vraiment un bon moment.

    La carte du tour de l’archipel

    Vendredi nous sommes allés faire un mini road-trip sur le circuit de l’archipel. C’est un circuit que l’on imagine plutôt bien pratiqué en été, en vélo notamment, il y a une piste cyclable du tonnerre séparée de la route qui en parcoure les 250 km. Mais nous ce qu’on aime beaucoup, c’est être tous seuls (ou presque) dans ces paysages magnifiques.

    Pour passer d’une île à l’autre, c’est simple, soit il y a un pont, soit il y a un bac, soit il y a un ferry. Le tout sans réservation, il y en a plusieurs par heure. On y est allés les yeux fermés, c’était osé, mais finalement c’était facile. À un moment la route s’arrête avec un panneau de voiture qui tombe dans l’eau. Un affichage permet de voir dans combien de temps un bateau partira, les voitures se mettent en file sagement, puis entreront tout aussi sagement dans le bateau en suivant 5 couloirs. Une fois le bras de mer traversé (et le léger mal de mer pour moi) on est ressortis dans le même ordre. C’était moi la pilote et je n’ai même pas eu de sueurs froides pour savoir quand m’avancer, quelle file prendre, quand ressortir, etc. Easy peasy, trop fass’.

    On attend le bateau
    On est sur le bateau
    On est sortis du bateau (le cône blanc est un cygne qui pêche. Donc le croupion d’un cygne, en fait)

    Nous avons roulé jusqu’à l’île de Nagu, qui doit être une destination estivale bondée (et pour preuve 1400 personnes en hiver, 10000 en été) mais où nous étions seuls avec les cygnes, les mouettes et les grues (pas les engins, comme le croyait Solal qui cherchait désespérément les grues qu’on lui disait de regarder dans le champ, mais les oiseaux).

    Les grues (en tout petit)
    Nauvon kirkko
    On se promène avec le vélo de Solal
    Ça le fait rire
    Villégiature

    Les enfants étaient heureux d’être à la mer-qui-va-jusqu’à-chez-Papy-et-Mamie, ont tapé sur une vieille planche pleine de clous rouillés et mis les pieds dans l’eau sans enlever leurs chaussures. Après quelques « non » parentaux (sont relous les parents, ils disent toujours « non », même quand on veut monter dans une cabane abandonnée où il manque le plancher), nous avons remis les voiles vers une structure de jeu géniale reprenant la forme de l’église devant laquelle le parc est construit.

  • J250 Ce qui rend le quotidien spécial

    J’ai bien cherché quelque chose d’intelligent ou d’incroyable à raconter en ce 250ème jour en Finlande, mais que voulez vous, il faut croire qu’on vit toujours une vie plutôt banale de Français à l’étranger.

    Le fait de vivre dans un autre pays nous enjoint à toujours aller vers la nouveauté,  voir plus, pour avoir une vue la plus exhaustive possible du pays, et j’ai parfois l’impression qu’un « on » indéfini attend de nous d’en profiter un maximum, dans une course au paysage et à l’expérience. Cependant la majorité du temps, la vie ici est simplement la vie.

    Entendez, réveil à 7h tous les matins mais levé fastidieux à 7h30, pour un départ à 8h. Puis pêle-mêle, selon les jours, l’école, le travail, les repas, les courses, le ménage, la piscine, les devoirs, le parc, les copains à droite à gauche.

    De temps en temps il arrive qu’une interaction frustrante assombrisse un peu la journée, car c’est un semblant de petite conversation de tout et de rien (a-t-on une traduction de small talk en français ?), qui se passe en finnois, et à laquelle on ne comprend pas grand chose, et pour laquelle on n’ose pas trop dire à la fin qu’en fait « sorry I don’t speak finnish ». C’est comme si Madame Michu dans la rue vous disait: « il fait beau aujourd’hui, ça fait du bien, et puis j’aime bien voir vos enfants courir et jouer à chat », et qu’après avoir acquiescé vous lui disiez que vous n’avez pas compris (ou pire, vous lui répondez : « moi aussi j’aime la salade » par exemple). La spontanéité est perdue, alors souvent, je dis okay avec les yeux et je continue mon chemin. Voilà, parfois c’est ce qui fait la différence entre une journée ici, et une journée en France.

    D’autres fois, la différence est plus grandiose, c’est admirer une aurore boréale, après des soirs et des soirs de chasse bredouille, c’est un sauna au feu de bois suivi d’un bain dans le lac glacé sous les étoiles et à la lueur des bougies avec quelqu’un qu’on aime (coucou maman!).

    Ou c’est aussi un mail de la maîtresse après un petit incident, pour nous dire que le plus important est que notre enfant curieux et enthousiaste se sente bien, c’est pouvoir laisser ses affaires sur un banc au parc alors que vous êtes à l’opposé et être sûr de les retrouver, c’est la confiance simplement, en n’importe quelle personne.

    Pour illustrer encore un peu plus cette histoire de confiance, Maxime m’a raconté une scène vécue dans le tram ce matin. Une vieille dame avec un déambulateur attend le tram. Personne ne lui parle, pas un regard. Puis le tram arrive. Tout le monde attend qu’elle entre d’abord, un monsieur la suit, lui déplie un siège sur lequel elle s’assoit. Sans un mot, sans une expression sur le visage. C’est un geste banal auquel n’est associé aucun chichi, merci n’est pas attendu, ni s’il te plaît. D’ailleurs « s’il te plaît » n’existe pas en finnois. Le fait que ce soit fait sans paroles ou sourire peut être légèrement déroutant pour nous, mais l’attention aux autres est réelle et spontanée.

  • J248 Retour à Helsinki

    J’ai passé une journée à Helsinki le 12 février, en attendant l’arrivée de ma maman, et c’était tout aussi charmant sous l’épaisse couche de neige qu’à l’automne dernier.

    Avant son départ, nous y sommes allés en famille pour un week-end, et c’était bien. Franchement, son surnom de perle de la Baltique est mérité. C’est vraiment une capitale facile à visiter, tout est accessible à pieds ou en tramway, c’est calme et il y a tellement de petits détails sur les bâtiments art déco, j’adore! Pour motiver les enfants on a cherché la plus petite sculpture publique, une souris. Manque de chance elle était en haut d’un escalier fermé pour travaux, les enfants ont crié au scandale mais on les a bâillonnés aux barres de Twix (on fait comme on peut). Après on leur a accordé une séance de jeu au parc et on a regardé Zootopie 2 le soir pour finir d’endormir leur conscience avec le dieu télé. Bref.

    Nous logions dans un appartement situé dans le même immeuble que celui où Tove Jansson avait son atelier, un détail pittoresque qui a son importance malgré tout.

    La promenade dans le quartier art déco de Katajanokka était très jolie, et la traversée ensuite pour aller sur l’île de Suomenlinna était assez incroyable, le bateau traversait la glace (brisée au préalable). On est retournés sur la plage où les enfants avaient ramassé de petits morceaux de verres dépolis cet automne. La mer était gelée, c’était si beau! D’ailleurs je vous laisse avec les photos, qui se passent de commentaires.

    La cathédrale
    Une porte pour géant maigrichon
    La marina
    Vue des berges de Katajanokka
    Sur le port, après avoir vu une frégate militaire partir (impressionnant)
    La marmaille
    Vue du bateau bus en direction de Suomenlinna
    Suomenlinna et la Baltique gelée
    Les vagues glacées
    La cour de l’immeuble
    L’ancien atelier est tout en haut
    Le musée du design et de l’architecture à gauche
    Lasipalatsi au-dessus du musée Amos Rex (mon cœur fait des loopings)
    Vous voyez les portes jaunes?
    Et là?

    Le parlement Finlandais
    Les saucisses grillées au café Regatta
    Oups ils nous ont échappés (exposition de Leandro Erlich au musée Amos Rex 👌)