Nous avons visité le musée de l’habitat ouvrier d’Amuri, à deux pas de chez nous. C’est le seul bloc de bâtiments en bois qui a été conservé de ce quartier qui en comportait autrefois une centaine, à partir de 1869.


Solal l’a visité il y a quelques semaines avec sa classe, et était tout content de nous montrer les toilettes des « hommes préhistoriques » (ceux du 19e siècle). Le nom « Amuri » vient de celui d’une colonie établie à Amur Oblast, à l’est de la Sibérie.



C’est comme un voyage dans le temps qui commence en 1882 et fini dans les années 70. Nous sommes entrés dans toutes les maisons, où l’on voit les chambres que les habitants occupaient à 5 ou 6, disposée autour d’une cuisine partagée utilisée jusque dans les années 50. Sur chaque porte un écriteau comporte le prénom, l’âge et la profession des occupants, avec un petit texte pour les présenter. Les chambres, d’une dizaine de mètres carrés, ont des lits qui nous ont paru minuscules, si bien qu’on s’est même demandé si les gens dormaient assis ou s’ils étaient très petits. Ce sont en fait des lits gigognes, qui étaient tirés pour la nuit.


Au centre de la cour, on trouve le sauna, utilisé une fois par semaine par les habitants. Il y a aussi une petite épicerie coopérative, une boulangerie et une papeterie, le papier étant le seul matériau non rationné pendant et après la guerre, il servait même à fabriquer des chapeaux.



Entre deux colères Solal était content de jouer dans la petite cuisine comportant un four ancien en fonte. On dirait bien qu’on est dans une phase tempête de cerveau, ce qu’on peut comprendre étant donné les changements à venir.



Nous avons eu la chance de tomber un jour de concert, alors nous avons fini la visite en mangeant un sandwich sous quelques gouttes de pluie et en écoutant Vilja Vilhelmiina chanter. Puis il s’est mis à pleuvoir fort, mais tout le monde est resté là, à écouter sous son parapluie, une chanson qui parlait de la pluie et du soleil.

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