Auteur/autrice : Clémentine Paré

  • Miscellanées #6

    Il y a des étendoirs sur les balcons communs. En hiver, par -20°C, on met les couettes et coussins dehors la journée pour les assainir.

    Les trottoirs sont parsemés de gravier anti-gel.

    Désolée je n’ai pas de photo de poux

    Au début de l’année scolaire, il y a eu des poux dans la classe (pas chez nous, ouf, merci). Parmi les recommandations pour s’en débarrasser: mettre les textiles au sauna à au moins 80°C ou dehors s’il fait -20°C.

    Les bâtiments dont la toiture est en réfection sont couverts d’un bâtiment temporaire en échafaudage. C’est le troisième qu’on a vu se construire dans le quartier.

    Il y a des R kioski un peu partout, c’est une sorte de magasin/service où on peut acheter un hot-dog, un café, des timbres, recharger sa carte de bus…

  • J197 Du blanc et des saucisses

    Nous sommes loin de nous lasser de la beauté de ces étendues blanches à perte de vue, des sapins sous la neige, des bouleaux gelés, du feu de camp et des saucisses crâmées au goût de liberté, de la luge pour transporter Solal et les patins à glace, du soleil de fin de journée qui rosit le ciel, et de la neige qui tombe lentement, alors en voilà encore quelques photos.

    Notre équipement de barbecue sauvage s’est augmenté de piques télescopiques
  • J191 On a passé la barre des -20°C !

    Verdict ?  À -22°C on sent bien que c’est plus froid que d’habitude, mais c’est sec, et toujours plus confortable qu’un 1°C mouillé.

    Donc à part avoir l’impression que, le nez / les orteils / le bout des doigts, au choix, vont se détacher et tomber glacés, ça va.

    Deux jours de soleil radieux, un bain dans le lac par -18°C avec le ciel rose et la pleine lune qui se lève, après un sauna à grosso modo 120°C, du patinage, un après-midi gaufres et vin chaud chez des copains, c’était vraiment un beau week-end.

  • Miscellanées #5

    La boîte aux lettres est percée dans la première porte et le courrier tombe entre les deux.

    La piscine a une fenêtre qui fait toute la hauteur du bâtiment. On peut flotter tout en regardant les flocons voler.

    C’est toujours rigolo de voir des films français traduits en finnois.

    « Ils ont des chapeaux ronds, vive la Bretagne! »

    L’écriture cursive n’existe pas en Finlande. Si on écrit en attaché on a du mal à nous lire.

  • J186 La chasse aux aurores, épisode 3

    Mardi soir dernier, on avait invité des copains à venir manger. Qui dit repas, dit horaire de coucher plus tardive que d’ordinaire. À 22h les enfants étaient en train de se coucher, quand Maxime remarque que nous sommes dans une zone rouge pour voir des aurores boréales. C’était le lendemain de la grosse éruption solaire qui a fait que des aurores boréales ont été vues en Bretagne et ailleurs. Donc oui, heureusement qu’on est dans une zone rouge dans ces conditions, en étant dans un des pays chouchous pour venir admirer des aurores boréales.

    Nous avons profité du fait que les enfants n’étaient pas couchés, pour enfiler nos multi-couche de vêtements (cf plus bas, article sur les vêtements, pour vous donner une idée de l’effort que ça représente à 22h) et filer en voiture avec la quasi certitude qu’on allait enfin voir le spectacle à travers un trou dans les nuages, rouge, c’est rouge non de non !

    On a roulé une heure vers le nord pour se retrouver en pleine cambrousse sans pollution lumineuse, scrutant de tous les côtés si une lumière verte ou rose apparaissait pour nous guider vers l’aurore.

    À un moment on a bondi !

    – Wahou ! Une lumière orange !

    Bon. C’était les réverbères d’un village qui éclairaient les nuages. Qu’à cela ne tienne, on a continué.

    – Oh la la, là ! Regarde ! Ah non, c’était le phare ultra puissant d’une voiture qui éclaire le brouillard.

    On a fait demi-tour en nous extasiant quand même de la beauté de ces halos de lumière oranges et blancs dans les nuages. Franchement on fait toute une histoire des aurores boréales, alors que les phares dans le brouillard ou les lampadaires dans les nuages, c’est tous les soirs, et c’est un vrai spectacle.

    On est rentrés après 2h30 de route, l’aurore n’était pas pour ce soir mais au moins on a testé les pneus à clous à 80 km/h et fait le plein de la voiture, c’est déjà ça.

  • J183 Patiner sur le lac

    Aujourd’hui c’est samedi, il neige à petits flocons, il fait -10°C. L’ambiance est paisible dehors, contrairement à l’intérieur avec les chamailleries de la marmaille, alors nous sommes allés patiner sur le lac Näsijärvi. Une nouvelle expérience finlandaise grandiose!

    L’étendue gigantesque de blanc est traversée par une route damée qui permet de rejoindre l’autre côté du lac. Sans rire, une dameuse passe vraiment pour aplanir la glace et la rendre plus glissante pour les patineurs et les skieurs. On a même croisé un vélo et une moto, qui eux traversaient le lac en dehors de cette route.

    Achille nous a largement devancés. Avec les cours de patinage à l’école, les cours de hockey sur glace et les séances patinoire avec Maxime, il a fait des progrès remarquables, contrairement à moi qui suis un peu timorée.

    Quand Maxime patine en arrière, fait des virages contrôlés et des accélérations de dingue tout en tirant la luge avec Solal dedans, moi je suis derrière, un glissé après l’autre, lançant de temps à autre un petit « woupla » quand une bosse me fait perdre l’équilibre et que je dois agiter les bras de manière désordonnée pour me retenir au vide. Ce n’était pas très gracieux mais je ne suis pas tombée, et j’ai même certainement progressé.

    Au milieu de la traversée il y a un petit café où on peut acheter des saucisses, des munkis et du café. Puisqu’on avait prévu notre casse croûte, nous n’avons pas profité de cette option. Quel luxe franchement, de manger là assis au milieu du lac! Les gars étaient aux anges de pouvoir briser les couches de glace sur les rochers.

    Riisipiirakka de pique-nique

    Le retour s’est fait ensuite sans encombres, toujours sous les flocons qui tombaient lentement, et dans cette atmosphère feutrée que crée la neige.

    Coucou!
  • J182 Les vêtements

    Une chose nous a étonnée quand on s’est promenés par -18°C, mais qui finalement est assez logique quand on y pense, c’est que nos sacs étaient gelés. Pas froids, non, gelés ! C’est-à-dire que quand on déroulait le sac pour l’ouvrir, le tissu faisait des petits craquements plaintifs. Ensuite j’ai voulu prendre des photos avec mon appareil photo argentique et l’obturateur est resté coincé parce qu’il était gelé aussi. Cela m’amène à vous parler chiffons : comment s’habille-t-on pour passer du bon temps dehors par température glaciale ?

    Je me suis longtemps demandé comment habiller Solal qui passe au moins deux heures par jour dehors, qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il gèle ou qu’il vente. Il y a eu quelques loupés, malgré les recommandations du jardin d’enfants… En octobre Solal a eu froid aux pieds et on a acheté des chaussures Reima (marque Finlandaise !) qui tiennent jusqu’à -20°C et qui sont imperméables. Manque de bol, apparemment « imperméable » ne veut pas dire « insubmersible ». On a racheté des bottes fourrées qui tiennent les flaques et la boue, et gardé les autres pour le temps sec et la neige.

    Le casier de Solal

    Un autre jour, j’ai récupéré Solal habillé avec un manteau et une salopette imperméables du jardin d’enfant. Il faut savoir que j’ai acheté trois combinaisons : une salopette imperméable, une combinaison en softshell et une combinaison chaude. J’ai passé tellement de temps à chercher des combis adéquates, que j’étais un poil vexée. Mais les enfants pataugeant gaiement dans la boue, ils mettent deux couches de combis : une chaude et une fine imperméable.

    Les moufles fines imperméables, les bottes fourrées, la combinaison softshell et le harnais réflecteur
    La combinaison en laine, les moufles et la cagoule parmi le bazar de l’entrée

    En ce moment, Solal porte (en écrivant cette phrase j’ai l’impression d’être une blogueuse de mode de tenues pas tellement glamours) :

    – un sous pantalon en laine merinos (qui ne gratte pas, sinon bonjour l’angoisse le matin),

    – un pantalon souple par-dessus (un fuseau comme on disait dans les années 90),

    – un sous pull en coton (il pourrait être en laine aussi mais ça va bien comme ça),

    – un pull en laine ou une polaire,

    – des chaussettes et des surchaussettes en laine (la chaussette tricotée est un cadeau de Noël traditionnel en Finlande, et on en trouve des tas d’occasion, sans odeurs de pieds)

    – une combinaison en laine par-dessus le tout,

    – puis pour finir une combinaison chaude,

    – une cagoule en laine fine, un bonnet, des gants en polaire fine et des moufles, pour les accessoires.

    Et donc s’il pleut ou que la neige fait de la bouillasse, on ajoute une salopette imperméable. Et s’il fait vraiment très froid, plus froid encore que -18°C, on peut ajouter entre la combi en laine et la combi chaude, une combi en softshell. Je sens que je vous ai perdu.

    Ce qui est incroyable c’est que cet accoutrement laisse les enfants libres de leurs mouvements, ils n’ont même pas cette allure de bibendum engoncé dans sa doudoune, vous savez, quand on a l’impression qu’il ont les bras ouverts comme des ailes de pingouins alors qu’en réalité ils sont au repos le long du corps.

    Sachez qu’il existe également des slips en laine mérinos. Déjà que j’ai hésité avec le pantalon en laine de peur de devoir le laver trop souvent alors le slip n’en parlons pas. Achille est quand à lui habillé comme en France, il passe moins de temps dehors et il est plutôt (très) résistant au froid. Il a quand même la combinaison en laine sous la combinaison chaude mais il faut parfois lui rappeller de mettre un bonnet et des gants. Ceci dit, quand il oublie, il s’en rend vite compte.

    Avec Maxime on porte un sur-pantalon, comme un pantalon de ski mais sans les bretelles et moins épais, un sous-pull en laine, un pull en laine, une doudoune sans manches, un manteau en plumes, des chaussettes et sur-chaussettes en laine. Par contre, il faut savoir choisir ses priorités « en conscience » comme on dit aujourd’hui, car une fois je suis restée à papoter en regardant les enfants faire de la luge, c’était bien, mais au bout de deux heures sans bouger je ne sentais plus mes doigts de pieds.