Auteur/autrice : Clémentine Paré

  • J175 Kiitos, poika!

    Ma maîtrise du finnois avance, je sais demander « neljä riisipiirakat » et la vendeuse comprend que je veux quatre tartelettes au riz. Par contre quand j’ai dit « kiitos poika » pour dire « merci bonne journée » je savais déjà en passant la porte qu’elle n’avait pas dû comprendre pourquoi je lui disais « merci garçon ».

    Retour en images de ces derniers onze jours.

    D’abord le jour de la rentrée, Achille a trouvé dans son casier un mot d’une maîtresse, qui le remercie pour son courage et pour la joie qu’il apporte, et qui dit « nous sommes fiers de toi ». Il était très heureux !

    Après avoir résisté, le lac Näsijärvi a finalement gelé.

    Les jours rallongent, à 15h il fait encore jour.

    Les flocons sont parfaits et pour nous qui ne voyons la neige qu’une fois dans l’année à Rennes, c’est magique.

    Après l’école, les sports d’hiver.

    Promenade à Pyynikki au lever du soleil. La différence de température entre l’eau à 2°C et l’air à -17°C fait de la vapeur d’eau (enfin j’imagine, que les physiciens ne me jettent pas la pierre je n’ai pas vérifié cette information).

    Il fait froid. MAIS la voiture a démarré.

    Là c’était le week-end dernier quand j’ai embarqué tout le monde avec beaucoup d’enthousiasme dans la promenade que j’avais testé la veille. On a dû tirer les enfants pas hyper motivés puis certains ont eu faim alors qu’on était loin et qu’on avait que des amandes grillées. Heureusement on a trouvé un restau-sauna flottant (enfin en ce moment pas flottant) qui s’appelle Flou, et c’était plutôt pas mal du tout.

    Les flocons qui tombent lentement sont toujours aussi beaux. Sinon, Solal a fabriqué une mangeoire pour les oiseaux, le balcon est à nouveau the place to be.

    Luge et cours de hockey sur glace après l’école.

    Fin de semaine: est-ce qu’on peut rester là toute la vie ? (C’est parce qu’il n’y a pas d’araignées dans l’appartement, a dit Solal).

  • J164 Les glaçons sont dans le lac

    Nous voilà de retour après deux semaines en France à remplir nos batteries de famille et d’amis. On a eu l’impression de partir en voyage à l’étranger. Le voyage en avion a été mémorable, à l’aller et au retour. Les garçons ont été invités dans le cockpit de l’avion avant le départ et ont même eut un salut amical au micro par le pilote à la fin du vol. Une fois à sa place Solal s’est écrié joyeusement: « oh il y a même un bouton pour mettre de la musique ». Il faut savoir qu’il a une passion pour tous les boutons poussoir, qu’il teste sans hésitation. Ni une ni deux, le bouton « avec le bonhomme qui danse » est donc pressé. C’est le bouton pour appeler une hôtesse. Heureusement qu’il est trop chou.

    Au retour il y avait une tempête de neige à Amsterdam. Refoulés au contrôle sécurité, avec les sacs complètement deballés de leurs liquides et objets électroniques, nous avons ensuite du remonter la loooooongue file d’attente les joues rouges sous les regards compatissants (plus ou moins). Avion annulé, reclassement sur un vol direct le lendemain, hôtel à réserver pour le soir même, bus dans lequel on jongle avec nos trop nombreux pass navigo remplis de divers tickets inutilisables, train à changer pour faire Helsinki-Tampere. Les enfants déjà azimutés du retour en Finlande, alors qu’ils seraient bien rentrés à Cesson-Sévigné, n’y comprennent plus rien, et ne reçoivent plus du tout les ondes parentales. Finalement on a gagné une nuit de sommeil plus longue (l’arrivée était prévue à minuit à Helsinki), un plouf dans la piscine de l’hôtel (vous allez finir par penser qu’on a des goûts de luxe… Mais c’était l’hôtel le moins cher de la liste, je vous jure!) et une pizza. Achille a très vite validé l’annulation de l’avion.


    Le vol le lendemain a eu deux heures de retard, dû au brouillard trop épais à Nantes, beaucoup d’avions étaient encore soit très en retard, soit annulés à cause du vent à Amsterdam. C’était la fête de la grimace.
    Dans l’avion on s’est fait chouchouté comme tous les autres passagers avec un sandwich et un verre de coca, un coussin pour dormir (juste pour Solal, je vous dis pas la tête de son frère) et une galette bretonne. On a couru très vite et attrapé notre train pour Tampere, avec même un peu d’avance. Une contrôleuse offre un ticket aux enfants en leur disant les mots en français qu’elle connaît. Tervetuloa!

    Tout est blanc quand on arrive, on se dit que c’est chouette de revenir dans ces conditions. Le lendemain le soleil brille, la période d’automne pluvieuse et sombre est visiblement derrière nous. Suite en photos de ces deux derniers jours à savourer la neige, le soleil, les glissades en luge, la vapeur d’eau qui s’échappe du lac en train de geler et les premiers pas sur celui qui l’est déjà… Magnifique expérience que celle du froid sec à -16°C avec le son des blocs de glace  qui s’entrechoquent, portés par le courant.

    Un petit bain? Remarquez les crochets pour suspendre sa serviette à gauche. Ce n’est pas anecdotique, il y a vraiment des baigneurs (2 quand on est passés).

  • J140 Soleil

    Hier, Maxime revient du travail en disant: d’après un collègue, c’est un mois historique! Il y a eu six minutes de soleil à Helsinki et zéro à Tampere depuis un mois! L’avantage c’est qu’on nous a tellement dit que la période allait être horrible d’un point de vue luminosité et météo que tout nous paraissait normal.

    Aujourd’hui, le 12, il a fait super beau, full time 5h30 de soleil avant qu’il ne se couche, autant dire qu’on a fait le plein pour les prochaines semaines.

    Le bord du lac commence timidement à geler
    La chasse aux aurores boréales (mais encore
    bredouille)
  • J134 La fête de l’indépendance

    Samedi dernier, le 6 décembre, on a décidé d’aller passer la journée à la plage d’Yyteri, réputée pour être LA plage de surf de Finlande. Ça doit être en été, parce que là, la mer était complètement plate.

    C’était aussi le jour de la fête de l’indépendance, alors on a voulu allumer les deux bougies de l’indépendance sur la plage. La tradition est de les placer derrière sa fenêtre le soir, en regardant le Président et sa femme serrer la main des 2000 invités à la « Itsenäisyyspäivän vastaanotto » (« Cérémonie du jour de l’indépendance ») tout en commentant les tenues avant de regarder « Tuntematon Sotilas » (Le soldat inconnu, 1955). Vue la difficulté qu’on a eu pour allumer nos bougies sous la pluie et le vent, on comprend que ce ne soit pas devenu une tradition.

    Un jouet de plage s’est d’ailleurs envolé dans la mer et a rapidement dérivé, je n’ai pas eu le temps d’enfiler mon maillot pour aller le récupérer. Oui, on avait emmené les maillots. Achille a bien été tenté d’y aller, mais à peine la double paire de chaussettes en laine retirée, le simple fait de poser les pieds sur le sable était si douloureux qu’il a abandonné l’idée. La soupe chaude du pique nique a été, pour une fois, bien accueillie par les enfants. Tout comme le chocolat chaud et la glace (qui devait paraître chaude par rapport à la température extérieure) qu’ils ont pris au centre des visiteurs de la plage à la fin de la promenade. J’exagère, il ne faisait pas si froid, la mer n’était même pas encore gelée.

    Sinon, il a plu toute la journée, je pense qu’on peut dire qu’on était trempés. Heureusement que nos vêtements sont imperméables de la tête aux pieds.

    La météo était donc relativement pourrie mais Pori ne l’était pas (hahaha), on a visité deux rues de nuit qui nous ont parues très jolies et le méga parc avec le bateau pirate, la structure Angry birds et des carillons de toutes les tailles qui étaient même accordés. En rentrant le soir, on a mis les bougies à la fenêtre et regardé le serrage de mains en commentant un peu les robes et les costumes. 🇫🇮🕯️🕯️🇫🇮

  • Miscellanées #4

    Les toilettes de la bibliothèque (propres)

    Dans tous les toilettes, ou presque, il y a une douchette comme celle-ci. C’est un bidet avec l’utilisation qu’on lui connaît, mais je n’ai toujours pas résolu cette question brûlante: est-ce qu’on peut vraiment l’utiliser sans sortir trempé ? À part ça, c’est utilisé aussi pour nettoyer les fesses des bébés, dans un geste acrobatique en tenant le bébé comme tu peux sur un bras au-dessus de l’évier.

    Les sculptures sont sous cloches depuis début novembre.

    Les passages piétons principaux sont équipés d’un boîtier avec un schéma en braille et fait tac tac tac quand c’est vert.

    À partir du mois de novembre, il est recommandé de mettre des pneus spéciaux pour le gel et la neige, on a opté pour les pneus à clou Michelin (cocorico et vive Clermont-Ferrand!). Ça fait un bruit de pneus crevés quand ils roulent, c’est assez déroutant.

    Photo moche mais avec un chien habillé

    Les chiens sortent en manteau depuis la fin du mois d’octobre.

  • J129 Face B: La dernière allumette

    Ce dernier week-end avant le mois de décembre marque la fin de notre quatrième mois en Finlande. Partageons cette banalité: le temps passe aussi vite en étant expatriés.

    Nous avons entamé le week-end avec le marché de Noël de l’école. L’ambiance était très chaleureuse, chaque classe  réserve ou non une table, sur laquelle sont exposées les choses à vendre, tant des jouets inutilisés, des objets fabriqués que des spécialités culinaires. L’argent récolté va ensuite dans la tirelire de la classe, et sert pour des achats ou sorties en extra de la vie scolaire. Par exemple, l’an passé tous les élèves de la classe sont allés manger une glace ensemble. On a acheté une couronne de porte et un pain typiquement finlandais, un « saaristolaisleipä », confectionné par une mamie d’élève. C’est un pain légèrement sucré qu’on trouve aux repas de Noël, préparé avec de la farine de seigle, de blé, du jus d’orange, du malt, du son de blé et du sirop de sucre noir qu’on ne trouve qu’ici. Il se mange avec du fromage cottage (« raejuusto »), du beurre, du saumon fumé… Tout à fait savoureux !

    Nous avons mangé des nouilles en vitesse et tout laissé en plan, pas question de sortir après 13h30 si on veut avoir un peu de lumière (pas de soleil hein, juste de la lumière) étant donné que la nuit est là à 15h30. Nous sommes désormais dans le dur du sujet lumière : le jour se lève péniblement à 9h30, puis si le temps est nuageux, sans que ce soit obscur, il fait sombre, avec un pic de lumière semblable à une journée nuageuse d’hiver en Bretagne vers midi, pour ensuite décliner jusqu’à la nuit noire à 16h. Le corps a besoin de ralentir, on le sent, c’est comme se déplacer dans l’eau: on avance mais il y a une résistance. Mais il en faut plus pour nous arrêter, nous avons acheté des saucisses, emporté des allumettes et de la brioche, direction un petit-lac-dont-on peut-faire-le-tour.

    Évidemment le temps de se préparer et d’acheter des saucisses il faisait déjà presque nuit. À 16h on a voulu allumer un feu pour griller nos saucisses. Il pleut et c’est très humide, il nous faut donc trouver de l’écorce de bouleau qui brûle en toutes circonstances. Nous voilà à essayer d’arracher des lambeaux à la force de nos petits doigts. Avec quelques petits morceaux et des bûches humides savamment disposées par-dessus, ça devrait marcher, me dis-je avec confiance. Il y a trente allumettes dans la boîte. Cinq craquées et le feu prend. Puis s’éteint. Maxime part chercher le couteau dans la voiture en courant pour couper du bouleau. Pendant ce temps, même si c’est difficile de bien viser pour arracher de l’écorce avec la lumière de la lampe dans les yeux que Solal dirige vers moi à grand peine et avec Achille qui demande « combien d’allumettes il te reste maman tu vas y arriver maman je pourrai avoir deux saucisses maman je vais me faire une torche maman », je parviens à avoir un peu plus de bouleau (comme si je n’en avais pas déjà assez du boulot, hahaha) et à réinstaller mes bûches tièdes. Un bon nombre d’allumettes y passe, crac pfuit éteinte, crac pfuit éteinte… Soudain il n’en reste qu’une seule. Dans un mélange de bravade et de fierté féministe, oui, j’ai craqué la dernière, parce que c’est moi qui allume le feu ici (non mais oh). Et le feu a pris, nous permettant de griller bien tranquillou nos saucisses qui pendouillaient au bout d’un bâton trop mou presque sans les brûler, et de repartir heureux pour une marche nocturne dans nos manteaux fumés.

    Le lendemain on est allés voir un championnat de skate dans une friche industrielle, où il y a aussi des ateliers d’artistes et artisans, des muraux, des graffs, un manoir avec un café où se jouait un petit concert de musique de chambre et une belle vue sur Tampere. C’était une belle sortie éclectique de bobo à Hiedanranta pour cette fin de week-end.

  • J129 Face A: Que s’est-il passé chez nous ces deux dernières semaines ?

    Un mélange de quotidien comme celui de n’importe quelle famille, désormais bien organisé mais sans être trop rempli, ce qui est peut-être la grosse différence avec notre quotidien en Bretagne, et de découvertes propres à la Finlande.

    Nous vous avions laissé sur la fonte de la première neige. Depuis, il a neigé à nouveau, suffisamment pour profiter de d’une belle journée de glissades en luge.

    Puis la neige a encore fondu, la ville s’est transformée en patinoire géante, on est tous tombés au moins une fois sans rien se casser, quel talent. En ce lundi matin, 1er décembre, il pleut, le réchauffement climatique, n’en déplaise aux moins convaincus, est partout, en Finlande aussi il fait trop chaud même si globalement, notre impression est que c’est une préoccupation  plutôt secondaire ici.

    Photo de glögi non contractuelle, les enfants ont préféré un chocolat chaud bien gourmand 😁

    On a bu notre premier « glögi, un jus de fruit chaud aux épices, agrémenté de  raisins secs et d’amandes. Ça réchauffe après une journée de luge et ça réconforte quand le soleil se couche à 15h30.

    Maxime a été très proactif de l’aurore boréale, l’application qu’il a installée lui envoie des notifications et il a vérifié la météo tous les matins. On a cru pouvoir en voir une un soir, et puis finalement l’indice KP est descendu. Il est possible d’en voir à Tampere, mais encore faut-il faut qu’il y ait eu une éruption solaire, qu’on soit au bord de la zone orange (il y a trois zones, verte orange et rouge selon le pourcentage de chance qu’il y ait une aurore boréale) et que le ciel soit dégagé.

    Il y a eu la journée nationale école-travail, pendant laquelle les enfants peuvent se rendre au travail d’un de leurs parents plutôt qu’à l’école, qui a pour ambition de donner une meilleure idée du monde du travail dès l’entrée à l’école. Les enfants sont réellement bienvenus partout, tout était organisé pour les accueillir. Achille est allé à l’Université… Mais je laisse Maxime raconter cette expérience dans un prochain article 😉.

    À suivre, la face B, nos sorties du dernier week-end de novembre.