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  • J321 Opiskelen suomea*

    *J’étudie le finnois

    Il reste un mois et demi en Finlande, Solal demande tous les jours si on rentre en France demain. La notion du temps est encore assez distendue pour lui comme pour nous, c’est bientôt, mais il reste quand même des dizaines de jours et quelques événements avant le retour: la fin du jardin d’enfants, la Saint Jean, la venue des amis, il y aura aussi les cartons et les démarches administratives pour informer DVV (entre autres) de notre départ.

    Le pollen dans le lac

    Avec le glissement vers le chemin inverse, on fait des réserves de souvenirs, du sauna, on va à la plage et au parc avec les copains, on va dans la nature, au musée, et j’ai commencé à apprendre le finnois un peu comme on s’accroche aux branches.

    Mon cahier, et moi trop contente derrière

    La simple joie d’apprendre est déjà une raison suffisante, et le moment est parfait, dans la mesure où mon oreille est désormais habituée aux sonorités de la langue. J’avais envie de mettre en pratique les rudiments appris pendant 565 jours sur Duolingo, envie de mieux comprendre la langue, de pouvoir répondre à certaines questions ou situations, de pouvoir partager avec Achille et Solal, de dire des comptines en finnois en prononçant correctement, et de garder un pied en Finlande même une fois rentrés en France. Bref tout un tas de bonnes raisons. Le seul problème c’est que ça me donne envie de rester plus longtemps.

    En arrière-plan un enfant dans le lac pendant que j’apprends à parler de la pluie et du beau temps

    Le fait d’avoir réalisé consciencieusement mes 5 minutes par jour sur Duolingo m’a aidé à repérer les sons, à avoir du vocabulaire et à connaître certaines tournures de phrases. Clairement, l’apprentissage est plus rapide pour moi maintenant. Mais Duolingo ne m’a rendue ni bilingue, ni même assez à l’aise pour dire ne serait-ce que « anteeksi, en puhun suomea » (excusez-moi, je ne parle pas finnois). Attention j’enfonce une porte ouverte : en fait rien ne remplace un cours fait par une vraie personne. Par contre je peux frimer auprès de Maxime qui ouvre le dictionnaire au hasard, me demande ce que veut dire « velho », ce à quoi je réponds du tac au tac « sorcier ». Rien que pour sa mine impressionnée, les 565 jours sur l’application étaient utiles. Mais vous conviendrez que le mot « sorcier » au quotidien ne l’est pas beaucoup.

    Kesäblues = Blues de l’été?

    Je prends des cours le matin, à « kesäyliopisto » l’université d’été, pendant 13 jours. On est une vingtaine d’étudiants, de tous les âges et de différentes origines, je suis la seule française. Le cours est donné en anglais, la professeure parle lentement, ce qui laisse le temps de bien comprendre et d’assimiler, elle utilise aussi des gestes, on fait des jeux et des conversations. Elles nous dit d’être patients et indulgents avec nous-même, et de prendre notre temps. Elle est encourageante, soutenante et nous félicite. Le cours suit une progression précise, avec des apports de grammaire, des phrases clefs et du vocabulaire donné au fil de l’eau.

    Sataa (il pleut)

    La langue est mélodieuse, j’ai beaucoup entendu dire qu’elle ne ressemble à aucune autre langue et que c’est une des langues les plus difficiles à apprendre. Pourtant il y a beaucoup de vocabulaire issu de l’anglais et du français, les R sont roulés, c’est une langue qui suit une logique, il y a de la conjugaison, des règles de grammaire. Bref pour l’instant je ne me sens pas perdue, pas comme quand j’ai commencé à apprendre le chinois à la fac. La toute première règle de grammaire qu’on a apprise, est celle de l’harmonie des voyelles. Il y a 8 voyelles: « a o u » sont des voyelles prononcées au fond de la gorge, « ä ö y » des voyelles prononcées à l’avant de la bouche, et « e i » sont des voyelles neutres prononcées au milieu de la bouche. Le ä et le ö sont des lettres à part entière dans l’alphabet, les trémas ne sont pas considérés comme des accents. Selon la règle de l’harmonie des voyelles, « a o u » et « ä ö y » ne se mélangent pas dans un mot. Par contre, puisque les mots se combinent entre eux, elles peuvent cohabiter, mais chacune dans leur mot d’origine. Par exemple, ruokapöytä veut dire « table à manger », et est composé de « ruoka » (nourriture) et pöytä (table).

    On pilvistä (c’est nuageux)

    On apprend aussi qu’il n’y a pas de genre grammatical (pas de féminin/masculin), le genre est déterminé par le contexte. Il faut aussi faire attention aux doubles consonnes et doubles voyelles, au risque de dire à quelqu’un qu’on va le tuer ce soir (rapan sinut illalla) plutôt qu’on va le voir ce soir (rapaan sinut illalla). Là où ça commence sérieusement à se compliquer (et ce n’est que le début, je crois), c’est qu’il existe un finnois « formel », différent du finnois « parlé ». Cependant le langage formel est compris si on le parle, dans ce cas on a juste l’air un peu coincé ou bizarre.

    Aurinko paistaa (le soleil brille) et métaphore subtile de l’apprentissage

    Je suis super enthousiaste d’en apprendre plus sur la langue et les enfants sont très fiers de m’aider à prononcer, ou de me faire la conversation. Puhumme vähän suomea ! Nous parlons un peu finnois !

  • J320 Fruits, légumes, fleurs et emballages.

    Dans les supermarchés, on a trouvé les même légumes et fruits qu’en France (avec moins de goût que ceux du maraîcher). On peut acheter des tomates, des concombres et des herbes aromatiques frais toute l’année, qui viennent de la coopérative Närpes en Finlande (ou du Maroc, Espagne…).

    Au début on a continué à suivre les saisons… Et petit à petit on a légèrement lâché, on n’a jamais autant mangé d’avocats, mea culpa. C’est pareil pour les emballages. À Cesson on était arrivés à vraiment peu d’emballages plastiques et papier, on était très attentifs et engagés dans cette démarche. On a essayé de continuer ici… puis on s’est découragés. Les concombres sont emballés à l’unité dans du plastique, nous n’avons pas trouvé de possibilité d’achat en vrac (à part les bonbons !) et les sacs plastiques sont encore légion. La France paraît beaucoup plus avancée sur ce point.

    Nature morte pas zéro déchet

    En ce moment, on ne trouve plus de courges, je pense que c’est à peu près la seule différence entre l’étal de décembre et celui de juin. Les légumes et les fruits viennent du monde entier, mais aussi un peu de Finlande. On trouve entre autres des betteraves, des choux, des carottes, de la salade, des poivrons, des patates, des oignons, des pommes et toute une armada de petits fruits finlandais, plus ou moins quand c’est la saison. Depuis quelques semaines il y a un petit marché près du port de Tampere, où on peut acheter des petits pois qui sont mangés crus comme des bonbons, des fraises et de la rhubarbe locaux.

    Côté nature, c’est une explosion de fleurs partout, dans la ville, dans la forêt et dans la campagne.

    On s’émerveille de la robustesse de toutes ces plantes qui ont survécu et même été stimulées par les température négatives (jusqu’à -30°C quand même cet hiver à Tampere). Je crois que je n’ai jamais vu autant de lilas, de lupins et de muguet au mètre carré !

  • J318 Les grandes vacances

    Le printemps a duré deux semaines, maintenant c’est l’été : la ville est silencieuse car de nombreuses personnes sont déjà parties en vacances ou aux cabanes, la température a monté au point de nous faire porter des manches courtes et d’aller à la plage. Il fait 23 degrés, les rues sentent le lilas, la forêt sent le muguet et la résine.

    Et surtout, surtout, c’est le début des grandes vacances pour Achille, depuis déjà une semaine! Arrive donc le temps des dernières fois. La fin de l’école a été synonyme d’un léger vague à l’âme tant pour moi que pour Achille, qui était triste de quitter ses enseignantes, son école et ses amis.

    Le couloir de la classe

    La dernière semaine d’école était plus légère, il y a eu moins de devoirs, jusqu’à plus du tout, il y a eu la sortie sur Viikinsaari (sur le lac au sud de Tampere), puis il y a eu le dernier jour. Pour l’occasion, les élèves de grade 2 avaient préparé un spectacle, par petits groupes, ils ont chanté*, dansé, joué d’un instrument. Ensuite, nous sommes allés dans la classe, où l’enseignante a remercié les élèves pour l’année et tous les enfants se sont levés pour l’enlacer face à son émotion de les quitter.

    Avant de leur remettre leurs bulletins scolaires, elle leur a dit que ce n’est pas important de ne pas avoir de A partout, qu’il n’y a pas besoin d’être parfait. Puis elle a nommé à chacun trois de ses qualités, tout en donnant le bulletin. Ce n’est qu’un petit morceau de tout l’encouragement qui accompagne les apprentissages fondamentaux. En tant que parent, entendre de la part de l’enseignante quelles qualités de notre enfant sont appréciées au-delà des attendus scolaires, transforme l’exigence qu’on a sur les résultats scolaires, en indulgence et en vague d’affection.

    Le fait de nommer des qualités est un exercice difficile. Pas des qualités trouvées sur une liste comme ça au hasard. Non, de vraies qualités humaines propres à chaque personne. C’est un exercice que les enfants ont fait plusieurs fois dans l’année pour leurs camarades à l’école et qu’on nous a demandé de faire aussi au jardin d’enfant pour Solal. Achille a eu des mots qui lui disaient ce pour quoi il était apprécié, ce qui était reconnu chez lui, de la part des enfants et de la part des adultes. Ce sont des mots simples, mais touchants, qui mettent en confiance. Du point de vue des apprentissages, cela aide à accepter de se tromper et donc renforce l’aptitude à persévérer.

    L’école a d’ailleurs basé son projet éducatif sur trois mots/valeurs :

    – le respect (favorisant la sécurité et la confiance qui sont le fondement de tout le reste).

    – la joie (s’exprime grâce à un climat respectueux et renforce l’esprit communautaire et la motivation).

    – la persévérance (joie et estime donnent la force et le courage d’être persévérant, ensemble on ose réessayer).

    Solal a quant à lui encore une semaine de jardin d’enfant avant les vacances, et a reçu son diplôme (symbolique) de fin de « maternelle » où sont également écrites quelques unes de ses qualités.

    * on écoute désormais la chanson Älä tule paha kesä pour se motiver le matin, le clip a été tourné à Tampere.

  • Miscellanées #9

    Les immeubles ont tous un bunker, voici l’entrée du nôtre.

    Vu qu’une photo de verrou n’est pas très intéressante je vous mets une photo de portail.

    Les verrous ferment dans le sens inverse, il ne faut pas paniquer quand le verrou des toilettes résiste. C’est juste qu’il faut tourner dans l’autre sens.

    Le maillot de Tappara

    L’équipe de hockey sur glace de Finlande a gagné le championnat du monde contre la Suisse samedi dernier! Tampere a deux équipes de hockey sur glace: Ilves et Tappara.

    La Finlande est le pays où l’on boit le plus de café au monde par habitants. La moccamaster est la star du café filtre finlandais, on trouve même des pièces détachées au supermarché.

    Timbres dessinés par Erik Bruun (grues et bernaches à droite)

    Il y a désormais beaucoup d’oiseaux migrateurs qui sont revenus, et il est fréquent de les observer: des bernaches nonnettes, des cygnes chanteurs, des grues, qui malgré leur exotisme sont un symbole du pays.

  • J306 Journal photo du week-end

    En ce dimanche soir, quelques photos pour le plaisir de partager un peu du week-end qui a été tempéré (ahaha) pas comme en Bretagne où le mode cuisson a l’air d’être activé.

    D’abord un tour à Tallipiha avec les copains (au centre de Tampere) pour l’ouverture de la saison estivale:

    Nourrir les poules avec des pissenlits
    Pas de chiens à côté des lapins
    Le jardin de Tallipiha
    Musique maestro
    Les lutins
    Il fait 22°C
    Les lilas viennent d’éclore

    Après la balade à vélo les cinq enfants ont fini dans le lac à 11°C (volontairement de leur plein gré)
    Retour au musée Werstas et découverte du coin marchande de compet’
    La salle des machines à vapeur qui faisait tourner toutes les machines de l’usine Finlayson
    La peinture au sol de la semaine dernière a séché

    Il y a aussi eu un gros bobo de chute à vélo mais je ne mets pas la photo. Solal nous a d’ailleurs appris que « bobo » en finnois, se dit « pipi ». Et « caca »? Bah, « kakka » (kak-ka). Allez, bisous!

  • J304 Every person’s right

    Quelques précisions sur le Työväenmuseo Werstas (Musée de la classe ouvrière) situé dans l’ancienne usine Finlayson. On y voit des histoires de luttes sociales et de succès industriels depuis le XIXème siècle. Bien que la Finlande soit un pays riche aujourd’hui, les héritages de conditions de vie difficiles dans un passé pas si lointain sont encore très visibles.

    Ça c’est au musée Serlachius, mais c’est pour l’illustration car on voit que, à part le chat, tout le monde caille dans cette bicoque de Gallen-Kalela

    Le musée raconte notamment la grande famine de 1866-68 qui tua 150.000 habitants du Grand duché de Finlande, soit 8% de la population. Elle fut causée par des mauvaises conditions climatiques sur presque une décennie, et à la pauvreté du Grand duché de Finlande sous administration russe l’empêchant d’importer des vivres. La pêche d’hiver à travers la glace et la cueillette en forêt sont des héritages de cette vie rude. La loi « every person’s right » donne encore à toutes et tous le droit de se promener dans toute forêt, publique ou privée, pour y chercher des baies, pour planter sa tente ou se baigner dans un lac.

    Le point noir à droite c’était deux pêcheurs dans la glace en mars, si si


    Tiens, c’est l’occasion de discuter d’un autre exemple de sisu. Ilma Lindgren était veuve depuis ses trente ans et mère de trois enfants. En 1914, allant chercher des airelles dans une forêt privée, Mme Lindgren se fait voler sa cueillette par le propriétaire du terrain où les baies ont été cueillies (ouh le vilain).

    Fleurs de myrtille

    Certaine de son bon droit, Mme Lindgren attaque le propriétaire en justice auprès de la cour du district, qui ne lui donne pas gain de cause. Mme Lindgren abandonne-t-elle? Que nonni, elle fait appel devant la cour de Vyborg, qui ne lui donne pas gain de cause non plus. Mme Lindgren abandonne-t-elle? Et bien toujours pas, sinon il n’y aurait pas d’histoire. Elle porte l’affaire au Sénat puis à la Cour suprême. Tout ça pour des baies, aurait-on pu ricaner à l’époque, la procédure ayant duré cinq ans. Certes mais grâce à la jurisprudence de l’affaire Lindgren dans laquelle la cour suprême a donné raison à la requérante, annulant tous les jugements antérieurs, la cueillette de baies en forêt sans autorisation du propriétaire foncier est encore aujourd’hui protégée par la loi finlandaise, alors qu’elle est interdite en France. On peut donc se promener tranquillou en cueillottant sans se poser de question, et tout ça grâce au Sisu d’Ilma.

  • J303 Teisko et la nuit des musées (museoiden yö)

    Jeudi dernier était férié, alors on est partis du côté de Teisko, à 40 minutes au nord de Tampere, au bord du Näsijärvi, se promener dans la forêt et griller des saucisses.

    Nous y sommes retournés dimanche, tant l’expérience était agréable de manger des hot-dog tous chauds sur un promontoire rocheux face au lac. On a même eut le loisir de glandouiller en regardant les enfants chercher des pépites d’or avec une louche et s’amuser de leurs casquettes qui s’envolent (dans l’eau).

    La nature est toujours aussi belle et pleines de promesses, quel que soit l’endroit. Si on nous demandait où aller en Finlande pour découvrir le pays, sans hésiter, on dirait Tampere, car il y a la fois cette nature grandiose à portée de jambes et de multiples possibilités culturelles (architecture, histoire, art…).

    Samedi nous sommes allés visiter plusieurs endroits : la cathédrale, le musée du travail et la galerie Himmelblau. Ça a été une journée bien remplie, partagée entre le plaisir de découvrir des choses ensemble et la crispation passagère face aux enfants qui après une journée intense n’ont juste plus la capacité de suivre les consignes (on s’en rend évidemment toujours compte après, nous sommes aussi saturés d’informations à traiter).

    Commençons par la cathérale : construite au début du XIXe siècle, elle est utilisée par l’Église évangélique-luthérienne de Finlande. L’intérieur est clair et sobre, avec entre autres une longue fresque représentant des jeunes garçons portant une guirlande de roses, un retable de la résurrection peint par Magnus Enckell et un étrange serpent avec une pomme dans la bouche peint sur la clef de voûte.

    Le quartier autour de la cathédrale est coloré, avec de jolies maisons en bois, la caserne centrale des pompiers dessinée par l’architecte Wivi Lönn et le grand hôtel Tammer, aux pieds des rapides Tammerkoski. C’est dans ce quartier qu’Achille vient jouer au basket le jeudi.

    Pin-pon

    Non loin, il y a l’ancienne usine Finlayson, un endroit emblématique de Tampere, convertie aujourd’hui en un lieu pluriel qui abrite cafés, cinémas, musées et boutiques. C’est là que nous sommes allés ensuite, pour visiter le musée Wertas, consacré à la thématique du travail en Finlande. C’est un musée gratuit et passionnant, très bien pensé pour les enfants également, qui peuvent jouer (jeux d’imitation, de construction, manipulation, activités manuelles, le tout en lien avec les thématiques) dans les salles pendant que leurs parents visitent.

    La filature Finlayson a été fondée en 1820 par un écossais, James Finlayson, et a été très importante pour Tampere et sa région. Aujourd’hui la majorité des textiles vendus sous le nom Finlayson ne sont plus produits en Finlande. On a appris que les journées de travail étaient de 13h environs, ce qui a motivé la production industrielle de pain de seigle et de tapolan mustamakkarat (boudin noir au seigle) pour nourrir les ouvriers.

    Le soir c’était la nuit des musées, il y avait donc plusieurs évènements dans différents endroits de la ville, et nous avions repéré la peinture collective du sol dans une des cours de Finlayson. Nous nous y étions promenés en arrivant à Tampere, c’est une zone où de grandes vagues en camaieu de bleu sont peintes sur le goudron.

    C’est la fin d’une journée bien remplie, et la patience manque un peu. En plus, les billets dans le porte-feuille de Maxime ont disparu mystérieusement, il vient de s’en rendre compte et est turlupiné à l’idée de s’être fait faire les poches, sans certitude. Nos stéréotypes sur les Finlandais rigoureux de suivre les règles se sont peu à peu effacés, car bien sûr, toutes les règles ne sont pas toujours suivies en Finlande, même si l’impression globale est que ça reste une exception: des personnes traversent alors que le petit bonhomme est rouge ou en dehors du passage piéton, des chauffards roulent à fond et ne nous laissent pas la priorité, parfois il y a des crottes de chien sur les trottoirs.

    Devant la possibilité de revêtir combinaisons intissées, sur-chaussures et gants pour peindre le sol avec des rouleaux, difficile de renoncer et faire marche-arrière. Sitôt armés de leurs rouleaux, les enfants, qui avaient pour consigne de peindre la zone numéro 3 délimitée par des lignes blanches, avaient déjà franchement débordé, demandé s’ils pouvaient avoir du vert, faire des fleurs ou des chats, essayé d’aller le plus vite possible. Maxime a abdiqué et est allé s’assoir dans un coin pour bouquiner les livres qu’ils transportaient depuis le matin dans son sac à dos (plus ou moins la moitié de la bibliothèque). Après avoir évité de justesse de me faire repeindre le manteau par un enfant enjoué qui s’est retourné avec le rouleau en l’air, j’ai moi aussi revêtu l’habit, les gants et les sur-chaussures pour aller peindre avec les enfants. Et c’était super !

    Cette nuit des musées était aussi l’occasion d’aller visiter le plus grand atelier d’impression de gravures des pays Nordiques, l’atelier Himmelblau, aussi localisé dans la zone de Finlayson. J’ai pu étaler mes connaissances sur l’impression de gravures aux enfants impressionnés que maman sache tout ça, ça sentait comme dans les ateliers de gravure de mes études aux beaux-arts et l’ambiance a fait dire à Achille qu’il voulait travailler là. On est rentrés à 21h30, fourbus mais contents, en mangeant une foccacia qui ressemblait à une brioche.