Jeudi dernier était férié, alors on est partis du côté de Teisko, à 40 minutes au nord de Tampere, au bord du Näsijärvi, se promener dans la forêt et griller des saucisses.





Nous y sommes retournés dimanche, tant l’expérience était agréable de manger des hot-dog tous chauds sur un promontoire rocheux face au lac. On a même eut le loisir de glandouiller en regardant les enfants chercher des pépites d’or avec une louche et s’amuser de leurs casquettes qui s’envolent (dans l’eau).


La nature est toujours aussi belle et pleines de promesses, quel que soit l’endroit. Si on nous demandait où aller en Finlande pour découvrir le pays, sans hésiter, on dirait Tampere, car il y a la fois cette nature grandiose à portée de jambes et de multiples possibilités culturelles (architecture, histoire, art…).

Samedi nous sommes allés visiter plusieurs endroits : la cathédrale, le musée du travail et la galerie Himmelblau. Ça a été une journée bien remplie, partagée entre le plaisir de découvrir des choses ensemble et la crispation passagère face aux enfants qui après une journée intense n’ont juste plus la capacité de suivre les consignes (on s’en rend évidemment toujours compte après, nous sommes aussi saturés d’informations à traiter).


Commençons par la cathérale : construite au début du XIXe siècle, elle est utilisée par l’Église évangélique-luthérienne de Finlande. L’intérieur est clair et sobre, avec entre autres une longue fresque représentant des jeunes garçons portant une guirlande de roses, un retable de la résurrection peint par Magnus Enckell et un étrange serpent avec une pomme dans la bouche peint sur la clef de voûte.

Le quartier autour de la cathédrale est coloré, avec de jolies maisons en bois, la caserne centrale des pompiers dessinée par l’architecte Wivi Lönn et le grand hôtel Tammer, aux pieds des rapides Tammerkoski. C’est dans ce quartier qu’Achille vient jouer au basket le jeudi.

Non loin, il y a l’ancienne usine Finlayson, un endroit emblématique de Tampere, convertie aujourd’hui en un lieu pluriel qui abrite cafés, cinémas, musées et boutiques. C’est là que nous sommes allés ensuite, pour visiter le musée Wertas, consacré à la thématique du travail en Finlande. C’est un musée gratuit et passionnant, très bien pensé pour les enfants également, qui peuvent jouer (jeux d’imitation, de construction, manipulation, activités manuelles, le tout en lien avec les thématiques) dans les salles pendant que leurs parents visitent.

La filature Finlayson a été fondée en 1820 par un écossais, James Finlayson, et a été très importante pour Tampere et sa région. Aujourd’hui la majorité des textiles vendus sous le nom Finlayson ne sont plus produits en Finlande. On a appris que les journées de travail étaient de 13h environs, ce qui a motivé la production industrielle de pain de seigle et de tapolan mustamakkarat (boudin noir au seigle) pour nourrir les ouvriers.


Le soir c’était la nuit des musées, il y avait donc plusieurs évènements dans différents endroits de la ville, et nous avions repéré la peinture collective du sol dans une des cours de Finlayson. Nous nous y étions promenés en arrivant à Tampere, c’est une zone où de grandes vagues en camaieu de bleu sont peintes sur le goudron.
C’est la fin d’une journée bien remplie, et la patience manque un peu. En plus, les billets dans le porte-feuille de Maxime ont disparu mystérieusement, il vient de s’en rendre compte et est turlupiné à l’idée de s’être fait faire les poches, sans certitude. Nos stéréotypes sur les Finlandais rigoureux de suivre les règles se sont peu à peu effacés, car bien sûr, toutes les règles ne sont pas toujours suivies en Finlande, même si l’impression globale est que ça reste une exception: des personnes traversent alors que le petit bonhomme est rouge ou en dehors du passage piéton, des chauffards roulent à fond et ne nous laissent pas la priorité, parfois il y a des crottes de chien sur les trottoirs.

Devant la possibilité de revêtir combinaisons intissées, sur-chaussures et gants pour peindre le sol avec des rouleaux, difficile de renoncer et faire marche-arrière. Sitôt armés de leurs rouleaux, les enfants, qui avaient pour consigne de peindre la zone numéro 3 délimitée par des lignes blanches, avaient déjà franchement débordé, demandé s’ils pouvaient avoir du vert, faire des fleurs ou des chats, essayé d’aller le plus vite possible. Maxime a abdiqué et est allé s’assoir dans un coin pour bouquiner les livres qu’ils transportaient depuis le matin dans son sac à dos (plus ou moins la moitié de la bibliothèque). Après avoir évité de justesse de me faire repeindre le manteau par un enfant enjoué qui s’est retourné avec le rouleau en l’air, j’ai moi aussi revêtu l’habit, les gants et les sur-chaussures pour aller peindre avec les enfants. Et c’était super !


Cette nuit des musées était aussi l’occasion d’aller visiter le plus grand atelier d’impression de gravures des pays Nordiques, l’atelier Himmelblau, aussi localisé dans la zone de Finlayson. J’ai pu étaler mes connaissances sur l’impression de gravures aux enfants impressionnés que maman sache tout ça, ça sentait comme dans les ateliers de gravure de mes études aux beaux-arts et l’ambiance a fait dire à Achille qu’il voulait travailler là. On est rentrés à 21h30, fourbus mais contents, en mangeant une foccacia qui ressemblait à une brioche.
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