La fac de Hervanta, près de Tampere, c’est un peu le Beaulieu de Rennes mais en plus reculé du centre. Il faut 40 minutes de tram pour s’y rendre du centre de Tampere. Les 8 bâtiments principaux sont reliés par des passerelles bien pratiques trois mois de l’année pour aller en TP sans chausser ses raquettes. Ils ont des noms très parlants, très logiques, très finlandais quoi. Je suis dans le Tietotalo qui veut littéralement dire « le bâtiment de l’information ». Le bâtiment d’à côté est le Sähkötalo qui est le bâtiment de l’électricité. Ensuite le Rakennustalo est celui du BTP, et le Konetalo celui des machines. D’ailleurs le fabricant d’ascenseurs finlandais Kone s’appelle donc… machine (yen a deux qui suivent pas, au fond). Ensuite on a le Päärakennus qui est le bâtiment principal, le Kampusaarena qui est l’arène où on lâche les lions du campus et Festia dont je n’ai aucune idée de l’utilité, il va falloir que j’aille y jeter un œil.
Le KampusareenaLa passerelle entre T et SLe Kone de notre appartement à Rovaniemi, historique
Oui je sais, la météo est le sujet numéro 1 de ces derniers articles, mais avouez qu’il y a de quoi être déconcertés. Il fait 27 degrés en Bretagne, quand nous en sommes à la tempête de neige à Tampere. C’est normal, l’inverse serait inquiétant pour les gens d’ici, remarquez, ça secouerait peut-être un peu le cocotier (de la panique) du réchauffement climatique qui semble avoir lieu sur tout le reste de la planète mais pas ici. Je suis mauvaise langue (mais pas tout à fait), j’ai cru entendre que l’Université de Tampere embauchait des chercheurs sur la soutenabilité. Mais Maxime en parlera mieux que moi. À part ça, il fait jour de plus en plus tôt, le soleil se lève à 5h30 et se couche à 21h21 (grosso modo). Il y a quelque chose d’étrange: aucune habitation n’a de volets parfaitement occultants. On a des stores intérieurs blancs et translucides. C’est une torture. Malgré le rideau opaque la lumière passe quand même. Je n’ai pas hâte de voir l’effet du jour à 3h du mat’ sur le sommeil des enfants.
Tout ça pour dire qu’on y croyait mais que le printemps Finlandais n’a définitivement rien à voir avec le doux printemps Breton. Je pense que vous avez compris celui qu’on préfère, même s’il me donne de plus en plus de sueurs froides chaque année, étant donné les températures qui nous grilleront bientôt comme des saucisses sur un feu de camp Finlandais (je m’égare, pardon). En tout cas, ici on ne risque pas de se découvrir d’un fil.
Photo du 25 avril sans trucages
Allez maintenant je vous raconte des trucs intéressants. Le week-end dernier, on est allés à Heureka. Nous on dit Eureka, mais en finnois il faut dire hheoureka sinon on ne comprend pas. C’est un musée des sciences, un peu comme la Cité des sciences à Paris ou le Laboratoire de Merlin à Rennes sauf qu’il n’y a pas de limite de temps pour déambuler dans les expos. Il y avait trois expos de fermées, mais heureusement parce que la journée a tout juste suffi à profiter des expos restantes. Et franchement, c’était génial, mis à part les enfants en mode jamais contents, mais que voulez-vous ce sont des enfants et nous sommes des adultes impatients (je ne développerai pas le sujet au risque de me fâcher tout rouge) (j’exagère un peu, c’est pour me faire plaindre) (je fais beaucoup de parenthèses aujourd’hui, rien à faire, nonni).
C’était encore le printemps ce jour là
On a commencé par la partie IA, c’était très rigolo et surtout très bizarre de se retrouver avec la tête de Jim Carrey.
Après on a fabriqué des voitures en bois, et en ajoutant des lests on a remarqué qu’elles allaient de plus en plus vite grâce au poids. Enfin ça c’est moi qui l’ai conclu après avoir fait rouler ma voiture sur la rampe et que Solal était déjà monté en haut de la structure à côté.
On a fait une expérience avec des produits chimiques, Maxime et Achille se sont trompés dans l’ordre à suivre, mais c’était pas grave.
On a fait voler des oiseaux en gobelets en carton, construit une cabane en rondins coussins, joué à la roulette russe électrique et reçu une décharge dans le doigt (aïe).
Il y a eu aussi le dessin animé dans le planétarium où les enfants étaient subjugués d’avoir l’impression d’être dans le film, les expériences du savant fou, les rats qui jouent au basket, le simulateur de marche sur la lune, de sortie extravéhiculaire dans l’espace et d’expédition sur Mars, le destructeur d’astéroïdes, les reproductions de mastodontes préhistoriques animés, et encore bien d’autres choses. Comment ça les enfants étaient sur-stimulés?
On a fini cette journée avec une conférence de 15 minutes en finnois, avec quatre autres personnes dont deux enfants, à laquelle on a hoché la tête d’un air inspiré parce qu’on a compris deux mots. Heureusement les enfants ont préféré faire des tours en cubes, on les a retrouvés hypers concentrés sur leurs constructions, et on est partis avec des cœurs dans les yeux tellement on était fiers d’eux. Bon d’accord j’ai quand même râlé parce qu’ils m’ont demandé un chewing-gum douze fois sur le retour. Nonni.
« La Finlande, c’est un pays où tout le monde tire la tronche ». C’est ce que l’on peut légitimement se dire quand on commence à se promener dans les rues d’une ville Finlandaise, quand les habitants croisent votre regard sans lever un sourcil ou esquisser un sourire. Impensable en France de fixer même très temporairement un inconnu, ou non, de cette façon, ce serait pris pour un signe d’hostilité. Impossible également en France de croiser une personne connue dans la rue sans lui souhaiter une bonne journée et lancer un rapide ça va dont la réponse à l’identique est imposée. En Finlande rien de tout cela n’est imposé et l’échange peut aller d’un chaleureux « huomenta » à une absence totale d’expression faciale, yeux dans les yeux.
Tout cela est bien déroutant mais il y un corollaire fort intéressant à cette règle. En Finlande il n’y a pas de « tu pourrais dire bonjour quand même. » ni de « tu fais la tronche ou quoi? ». Un interlocuteur vous donnera systématiquement le bénéfice du doute quand à une hypothétique hostilité de votre part. Et ça, c’est franchement reposant.
On dirait bien qu’on est tiré de l’hiver, voilà maintenant une semaine que le soleil chauffe. Les jonquilles sont dans les jardinières, les feuilles des tulipes émergent, le feuillage des buissons éclot. On nous a prévenu, jusque fin mai, il peut encore faire froid et geler fort. L’arrivée du printemps nous a fait quitter les doudounes, je n’ai plus qu’une paire de chaussettes aux pieds et j’ai rangé les bottes fourrées.
Il y a quelques semaines, Achille a eu un rendez-vous chez le dentiste. À vrai dire on n’avait pas vraiment prévu d’aller tester les consultations médicales, repoussant l’échéance au retour en France tant qu’il n’y avait pas d’urgence. Mais on a reçu un courrier avec une invitation pour le check up annuel, je me suis dit qu’on recevrait peut-être une invitation à une consultation pour les mauvais parents si on refusait (je me sens obligée de préciser que ça n’existe pas mais vous vous en doutiez). Ça fera une nouvelle expérience, on va voir ce que ça donne avec la sécu.
Le jour dit on y est allé tous les deux avec Maxime, j’ai le trac de dire des bêtises en anglais, et puisque j’ai confirmé le rendez-vous en m’arrachant les cheveux pour l’inscription à Omapirha (un genre de doctolib public), c’était plus juste de partager la tâche. Finalement j’ai répondu sans bafouiller aux questions de la dentiste, pas comme le jour où je suis allée manger toute seule un lunch et où je ne sais pas, je n’avais pas trop les yeux en face des trous, tout ce qui est sorti c’est « just to hit ». Un h se mettait systématiquement dans ma bouche pour prononcer eat (ce qui déjà était une formulation maladroite, on est d’accord). Je vous laisse imaginer la tête de la vendeuse, qui ne devait pas bien comprendre pourquoi je voulais « juste cogner ».
Les pastilles de xylitol
La dentiste était au rez-de-chaussée, soit au niveau 1 et non 0. Déjà on attendait au niveau 2 en pensant que c’était le 1. La consultation s’est passée globalement comme une consultation en France, Achille a eu une petite pâte pour combler les interstices et la recommandation de croquer des pastilles de xylitol après chaque repas. Solal en a de distribué au jardin d’enfants. C’est un extrait de d’écorce de bouleau qui tue les méchantes bébêtes responsables des caries, c’est un antibactérien. Achille nous en avait demandé parce que tous les enfants à l’école en avait, jusqu’ici on avait refusé (les mauvais parents) parce qu’il y a aussi des additifs dans la plupart. J’en ai trouvé un sans E36012, depuis il en croque allègrement après le déjeuner à l’école.
Certains jours, le drapeau finlandais est hissé sur un mât devant les bâtiments, dans les jardins et les cours d’immeubles pour commémorer l’anniversaire d’une personnalité importante, une date clef dans l’histoire du pays, une fête… Ce sont les « jours à drapeau ».
À Pâques il y a une tradition selon laquelle les enfants se déguisent, et vont échanger des rameaux de bourgeons qu’ils ont décorés contre des bonbons. Cela amène la chance et le bonheur dans les maisons.
Avanto, c’est le nom du trou dans la glace qu’on fait par exemple pour aller se baigner (avec ou sans sauna!), là il est sous la trappe en bois, c’est pour éviter qu’il se referme.
La vitamine D existe sous forme de pastilles qui ressemblent à des bonbons.
La lecture de l’heure est particulière, par exemple pour 8h30, on ne dit pas » 8 heures et demi » mais « 9 heures moins la demie ». Ça demande une certaine gymnastique à Achille pour les exercices de maths où il doit lire l’heure.
Dernier jour à Turku en ce lundi de Pâques, commencé par la chasse aux oeufs dans l’appartement parce que dehors, il pleut trop.
L’oeuf Mignon, une spécialité Fazer dans de vraies coquilles!
Premier stop à la Taidekappelli, (St Henry Ecumenical art chapel), qui est fermée le lundi mais intéressante à voir de l’extérieur.
L’intérieur doit valoir le coup d’œil aussi à en croire les photos. Elle a une forme de coque de bateau ou de gros poisson, elle me fait penser à ces chapelles qu’on trouve en Aveyron, avec leur toit en forme de coque de bateau retournée. Mais en beaucoup plus imposant.
Elle est recouverte de plaques de cuivre en guise d’écailles de toiture (selon professeur Maxime c’est un alliage). Solal a dit que c’était un toit posé sur la colline. On est assez vite retournés à la voiture parce que figurez-vous qu’on avait un peu froid.
Nous avons ensuite filé à Naantali (qu’il ne faut pas réveiller, sinon Naantali baille) (copyright de Maxime pour la blague).
Une petite carte postale avec le couple présidentiel ?Curiosité architecturale
Naantali est une petite station balnéaire très mignonne, avec un centre ancien composé de vieilles villas en bois colorées, c’est le lieu de villégiature du Président Finlandais qui a une résidence sur 50 hectares.
La tour à droite c’est la résidence présidentielleL’entrée de l’île des MoominsUn tronc avec un toitPâques au balcon
Il y a aussi une île avec un parc d’attraction sur le thème des Moomins. En cette saison c’était tout vide, ce doit être animé en été, mais ni le froid ni la pluie n’ont gâché la visite, la ville reste jolie. Fin du looooong week-end!
Hier, samedi, nous avons visité le musée Sibelius, sur la vie du compositeur et plus généralement sur la musique.
Il y avait même une salle avec plein d’instruments à essayer !
Le chef d’orchestre absorbé par son travail
Une fois qu’on a eu suffisamment joué du clavecin, de l’orgue, de la guitare, du piano, de l’accordéon et j’en passe, il était temps d’aller se promener dans un petit bout de la vieille ville, au bord de l’Aura.
La cathédraleL’Aura à droiteLuostarin välikatu, la rue du Monastère, petite et charmanteL’entrée de ladite rueNous dans ladite rue
C’est à ce moment que nous avons constaté que le temps n’était pas du tout celui que vous aviez en France, il faisait 20°C sur la terrasse à Ouistreham et nous, nous étions sous la pluie à 3°C…
Le musée d’art de TurkuDrôle de poignée
Aujourd’hui c’est dimanche, le soleil nous a fait coucou. Nous avons profité de deux musées, un d’art et un autre sur les bateaux. Le musée d’art de Turku est un palais en granit. On y a vu une exposition de Sandra Kantanen, qui travaille la photographie en peintures numériques, en impression pigmentaire. Les œuvres étaient à la fois simplement esthétiques par leurs couleurs et leur composition, et stimulaient la réflexion par la perte de la photographie dans des formes abstraites qui font qu’on ne sait plus très bien ce qu’on regarde.
Nous avons aussi parcouru les salles exposant une sélection d’œuvres de la collection du musée, je me suis rendu compte, un peu naïvement, que les artistes Finlandais avaient leurs pointillistes et impressionnistes, influencés les artistes Français. Mes cours d’histoire de l’art sont loin, mais je suis à peu près sûre de n’avoir jamais entendu parler de Pekka Halonen par exemple, qui est mis à l’honneur à Paris en ce moment.
Nous avons ensuite déjeuné au parc de l’église, histoire de défouler ces petites jambes et d’être plus ou moins dans le quotas des 3 heures d’activité physique recommandées par le gouvernement finlandais pour les enfants de moins de 8 ans.
L’église St Michel
Le Forum Marinum est rempli d’objets en rapport avec la navigation, de maquettes de bateaux, d’objets à manipuler comme par exemple un vrai périscope de sous-marin et a même une salle de jeu avec un bateau presque à échelle 1. Les enfants ont adoré !
Fin de journée, on sort du sauna de la salle de bain, et surprise, il neige…