Je ne sais pas ce que j’ai trifouillé, mais le compte des jours n’est pas bon. On en est à 366 jours, alors qu’on est partis le 26 juillet 2025. Voilà, il faut tout recommencer!

La préparation du départ est plutôt tranquille, je ne sais pas si je suis encore en plein déni ou si c’est juste que « ça va bien se passer » comme dit Maxime. On a donné nos meubles, trié les affaires des enfants, les valises sont presque finies, l’appartement se vide peu à peu.

Maxime et moi avons passé le week-end dernier à Helsinki. Nous avions réservé un hôtel Scandic pas très loin de la gare, et visiblement pris d’assaut par des supporters voulant profiter de la fan zone installée non loin pour la coupe du monde de foot sur l’esplanade devant la bibliothèque Oodi.


Quand on est rentrés de notre longue marche le samedi, on allait à l’inverse des gens qui portaient un maillot rouge. En plissant les yeux, on a pu lire le logo de l’équipe de Manchester placé sur le coeur. Ça a fait tilt, ah oui, ils jouent contre l’équipe de France ce soir. En arrivant à l’hôtel, il y avait une queue de 10 mètres de long, pour attendre les ascenseur. Nous avons découvert ce concept : l’hôtel sans escaliers mais avec embouteillages pour rejoindre sa chambre. Avec également la clim à 19°C mais le chauffage au sol, le spot qui reste allumé dans la salle de bain pour pas qu’on se cogne les doigts pieds aux WC en pleine nuit. Mais on peut accrocher sa serviette pour éviter un lavage superflu, alors tout va bien. C’était quand même confortable, et on a même pu regarder James Bond qui passait à la télé, avec la déco assortie.


Nous avons arpenté les rues de la ville, sommes allés voir les brise-glaces amarrés en attendant l’hiver, revu la cathédrale ainsi que l’esplanade du Lasipalatsi, sommes entrés dans l’église Tamppeliaukio, et visité quelques musées: le musée du design et de l’architecture, le HAM (art moderne), Kiasma (art contemporain), Ateneum (art classique).





Au Kiasma, nous avions le choix entre trois expositions, et nous n’avons pas choisi, les trois étaient bien. La première rassemblait des oeuvres de leur collection, nous invitant à naviguer à travers l’imaginaire et la réalité, comme un rêve dont on n’a pas les clefs, qu’on ne peut pas expliquer. À l’entrée, le texte de présentation mentionne « contemporary art can be meaningful even when it resists verbalisation », et c’est exactement ce que j’aime dans l’art contemporain. C’est plein de sens, l’œuvre vient toucher quelque chose en nous, mais on n’arrive pas forcément à le formuler.

La deuxième exposition présentait des oeuvres d’artistes Sámi avec pour sujet la communauté Sámi. Avant que les pays Nordiques soient fondés, il y avaient les terres Sápmi (portant le nom aujourd’hui de Laponie) et le peuple autochtone qui l’occupait, et l’occupe encore, porte le nom de « Sámi » (le nom « lapon » est péjoratif). Les œuvres parlent de ce que ce peuple a enduré, de ce qu’ils vivent aujourd’hui et de leur identité.



Une citation issue d’un des cartels, résonne particulièrement pour nous : « Dans la conception Sámi du foyer, la maison n’en constitue qu’une petite partie. Le foyer, c’est aussi la rivière qui coule devant la maison, la colline qui s’élève de l’autre côté de la rivière et le lac derrière la colline, vers lequel les grands-parents ont tracé un sentier. Le foyer, c’est tout le village et le lac qui le borde. Le foyer, c’est cet endroit où l’on aspire du fond du cœur à pouvoir retourner, même lorsque l’on n’y habite pas. »

La dernière exposition présentait les sculptures monumentales d’une artiste Estonienne, Edith Karlson. Impressionnante, effrayante, amusante, émouvante, exaltante, je pense que tous ces adjectifs définissent bien notre promenade à travers les sculptures.



Au HAM, nous avons découvert le travail de la famille de Tove Jansson, dont le père Viktor était sculpteur, la mère Signe Hammarsten Jansson était illustratrice, les frères Per Olov et Lars étaient pour l’un photographe et pour l’autre dessinateur des BD racontant les aventures de Moomin. Signe a notamment dessiné certains billets de banque de Finlande et de nombreux timbres, ainsi que quantité de caricatures et illustrations de livres.




Il y avait également deux autres expositions, une de Magdalena Abakanowicz présentant des tissages monumentaux et une autre de Petri Ala Maunus, un peintre contemporain dont nous avions déjà vu quelques peintures à Tampere et qui nous avait marqué, par sa maîtrise de la technique de la peinture à l’huile et ses représentations de déluges, citant l’art classique et romantique mais à la sauce contemporaine avec des tâches et une composition étrange.

À l’Ateneum, nous n’avons pas été emballés par les peintures de Eero Nelimarkka, un peintre Finlandais renommé. C’était tout marron et beige, Maxime le critique d’art a dit: « ça donne l’impression qu’il n’a pas trouvé son style ». Il y avait quand même des paysages, de ceux qu’on ne voit pas en France, couverts de neige et aux ciels pastels incroyables, qui font écho à ceux que nous avons vu cet hiver. Pour finir nous sommes retournés regarder quelques peintures d’Akseli Gallen-Kalela, Helene Schjerfbeck et Tove Jansson.

Au musée du design et de l’architecture, nous avons parfait notre culture du studio de design Aalto, essayé des sièges et vu une installation vidéo de l’artiste et chercheuse Ilona Sagar, traitant de la relation entre le corps et le bâtiment au sanatorium de Paimio. Le sanatorium et son mobilier a été conçu par le studio Aalto, entièrement pensé pour faciliter la vie des malades.



Helsinki est toujours aussi jolie, c’était la troisième fois que nous venions, après l’automne et l’hiver, voici l’été. Les rues sont plus animées par les touristes, mais à 20h30 dimanche soir elles étaient très calmes. Quelques photos de nos promenades dans les rues, pour finir cet article.












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