Catégorie : Non classé

  • J186 La chasse aux aurores, épisode 3

    Mardi soir dernier, on avait invité des copains à venir manger. Qui dit repas, dit horaire de coucher plus tardive que d’ordinaire. À 22h les enfants étaient en train de se coucher, quand Maxime remarque que nous sommes dans une zone rouge pour voir des aurores boréales. C’était le lendemain de la grosse éruption solaire qui a fait que des aurores boréales ont été vues en Bretagne et ailleurs. Donc oui, heureusement qu’on est dans une zone rouge dans ces conditions, en étant dans un des pays chouchous pour venir admirer des aurores boréales.

    Nous avons profité du fait que les enfants n’étaient pas couchés, pour enfiler nos multi-couche de vêtements (cf plus bas, article sur les vêtements, pour vous donner une idée de l’effort que ça représente à 22h) et filer en voiture avec la quasi certitude qu’on allait enfin voir le spectacle à travers un trou dans les nuages, rouge, c’est rouge non de non !

    On a roulé une heure vers le nord pour se retrouver en pleine cambrousse sans pollution lumineuse, scrutant de tous les côtés si une lumière verte ou rose apparaissait pour nous guider vers l’aurore.

    À un moment on a bondi !

    – Wahou ! Une lumière orange !

    Bon. C’était les réverbères d’un village qui éclairaient les nuages. Qu’à cela ne tienne, on a continué.

    – Oh la la, là ! Regarde ! Ah non, c’était le phare ultra puissant d’une voiture qui éclaire le brouillard.

    On a fait demi-tour en nous extasiant quand même de la beauté de ces halos de lumière oranges et blancs dans les nuages. Franchement on fait toute une histoire des aurores boréales, alors que les phares dans le brouillard ou les lampadaires dans les nuages, c’est tous les soirs, et c’est un vrai spectacle.

    On est rentrés après 2h30 de route, l’aurore n’était pas pour ce soir mais au moins on a testé les pneus à clous à 80 km/h et fait le plein de la voiture, c’est déjà ça.

  • J184 Salut Vero

    Depuis hier nous sommes un peu plus Finlandais. Par la règle dite des 183 Jours (365 n’étant pas divisible par 2), nous sommes maintenant redevables des impôts sur le revenu en Finlande. Le service s’appelle Vero pour les intimes,Verohallinto pour les autres, ça veut dire administration fiscale. De nouvelles tribulations administratives en perspective…

  • J183 Patiner sur le lac

    Aujourd’hui c’est samedi, il neige à petits flocons, il fait -10°C. L’ambiance est paisible dehors, contrairement à l’intérieur avec les chamailleries de la marmaille, alors nous sommes allés patiner sur le lac Näsijärvi. Une nouvelle expérience finlandaise grandiose!

    L’étendue gigantesque de blanc est traversée par une route damée qui permet de rejoindre l’autre côté du lac. Sans rire, une dameuse passe vraiment pour aplanir la glace et la rendre plus glissante pour les patineurs et les skieurs. On a même croisé un vélo et une moto, qui eux traversaient le lac en dehors de cette route.

    Achille nous a largement devancés. Avec les cours de patinage à l’école, les cours de hockey sur glace et les séances patinoire avec Maxime, il a fait des progrès remarquables, contrairement à moi qui suis un peu timorée.

    Quand Maxime patine en arrière, fait des virages contrôlés et des accélérations de dingue tout en tirant la luge avec Solal dedans, moi je suis derrière, un glissé après l’autre, lançant de temps à autre un petit « woupla » quand une bosse me fait perdre l’équilibre et que je dois agiter les bras de manière désordonnée pour me retenir au vide. Ce n’était pas très gracieux mais je ne suis pas tombée, et j’ai même certainement progressé.

    Au milieu de la traversée il y a un petit café où on peut acheter des saucisses, des munkis et du café. Puisqu’on avait prévu notre casse croûte, nous n’avons pas profité de cette option. Quel luxe franchement, de manger là assis au milieu du lac! Les gars étaient aux anges de pouvoir briser les couches de glace sur les rochers.

    Riisipiirakka de pique-nique

    Le retour s’est fait ensuite sans encombres, toujours sous les flocons qui tombaient lentement, et dans cette atmosphère feutrée que crée la neige.

    Coucou!
  • J182 Les vêtements

    Une chose nous a étonnée quand on s’est promenés par -18°C, mais qui finalement est assez logique quand on y pense, c’est que nos sacs étaient gelés. Pas froids, non, gelés ! C’est-à-dire que quand on déroulait le sac pour l’ouvrir, le tissu faisait des petits craquements plaintifs. Ensuite j’ai voulu prendre des photos avec mon appareil photo argentique et l’obturateur est resté coincé parce qu’il était gelé aussi. Cela m’amène à vous parler chiffons : comment s’habille-t-on pour passer du bon temps dehors par température glaciale ?

    Je me suis longtemps demandé comment habiller Solal qui passe au moins deux heures par jour dehors, qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il gèle ou qu’il vente. Il y a eu quelques loupés, malgré les recommandations du jardin d’enfants… En octobre Solal a eu froid aux pieds et on a acheté des chaussures Reima (marque Finlandaise !) qui tiennent jusqu’à -20°C et qui sont imperméables. Manque de bol, apparemment « imperméable » ne veut pas dire « insubmersible ». On a racheté des bottes fourrées qui tiennent les flaques et la boue, et gardé les autres pour le temps sec et la neige.

    Le casier de Solal

    Un autre jour, j’ai récupéré Solal habillé avec un manteau et une salopette imperméables du jardin d’enfant. Il faut savoir que j’ai acheté trois combinaisons : une salopette imperméable, une combinaison en softshell et une combinaison chaude. J’ai passé tellement de temps à chercher des combis adéquates, que j’étais un poil vexée. Mais les enfants pataugeant gaiement dans la boue, ils mettent deux couches de combis : une chaude et une fine imperméable.

    Les moufles fines imperméables, les bottes fourrées, la combinaison softshell et le harnais réflecteur
    La combinaison en laine, les moufles et la cagoule parmi le bazar de l’entrée

    En ce moment, Solal porte (en écrivant cette phrase j’ai l’impression d’être une blogueuse de mode de tenues pas tellement glamours) :

    – un sous pantalon en laine merinos (qui ne gratte pas, sinon bonjour l’angoisse le matin),

    – un pantalon souple par-dessus (un fuseau comme on disait dans les années 90),

    – un sous pull en coton (il pourrait être en laine aussi mais ça va bien comme ça),

    – un pull en laine ou une polaire,

    – des chaussettes et des surchaussettes en laine (la chaussette tricotée est un cadeau de Noël traditionnel en Finlande, et on en trouve des tas d’occasion, sans odeurs de pieds)

    – une combinaison en laine par-dessus le tout,

    – puis pour finir une combinaison chaude,

    – une cagoule en laine fine, un bonnet, des gants en polaire fine et des moufles, pour les accessoires.

    Et donc s’il pleut ou que la neige fait de la bouillasse, on ajoute une salopette imperméable. Et s’il fait vraiment très froid, plus froid encore que -18°C, on peut ajouter entre la combi en laine et la combi chaude, une combi en softshell. Je sens que je vous ai perdu.

    Ce qui est incroyable c’est que cet accoutrement laisse les enfants libres de leurs mouvements, ils n’ont même pas cette allure de bibendum engoncé dans sa doudoune, vous savez, quand on a l’impression qu’il ont les bras ouverts comme des ailes de pingouins alors qu’en réalité ils sont au repos le long du corps.

    Sachez qu’il existe également des slips en laine mérinos. Déjà que j’ai hésité avec le pantalon en laine de peur de devoir le laver trop souvent alors le slip n’en parlons pas. Achille est quand à lui habillé comme en France, il passe moins de temps dehors et il est plutôt (très) résistant au froid. Il a quand même la combinaison en laine sous la combinaison chaude mais il faut parfois lui rappeller de mettre un bonnet et des gants. Ceci dit, quand il oublie, il s’en rend vite compte.

    Avec Maxime on porte un sur-pantalon, comme un pantalon de ski mais sans les bretelles et moins épais, un sous-pull en laine, un pull en laine, une doudoune sans manches, un manteau en plumes, des chaussettes et sur-chaussettes en laine. Par contre, il faut savoir choisir ses priorités « en conscience » comme on dit aujourd’hui, car une fois je suis restée à papoter en regardant les enfants faire de la luge, c’était bien, mais au bout de deux heures sans bouger je ne sentais plus mes doigts de pieds.

  • J175 Kiitos, poika!

    Ma maîtrise du finnois avance, je sais demander « neljä riisipiirakat » et la vendeuse comprend que je veux quatre tartelettes au riz. Par contre quand j’ai dit « kiitos poika » pour dire « merci bonne journée » je savais déjà en passant la porte qu’elle n’avait pas dû comprendre pourquoi je lui disais « merci garçon ».

    Retour en images de ces derniers onze jours.

    D’abord le jour de la rentrée, Achille a trouvé dans son casier un mot d’une maîtresse, qui le remercie pour son courage et pour la joie qu’il apporte, et qui dit « nous sommes fiers de toi ». Il était très heureux !

    Après avoir résisté, le lac Näsijärvi a finalement gelé.

    Les jours rallongent, à 15h il fait encore jour.

    Les flocons sont parfaits et pour nous qui ne voyons la neige qu’une fois dans l’année à Rennes, c’est magique.

    Après l’école, les sports d’hiver.

    Promenade à Pyynikki au lever du soleil. La différence de température entre l’eau à 2°C et l’air à -17°C fait de la vapeur d’eau (enfin j’imagine, que les physiciens ne me jettent pas la pierre je n’ai pas vérifié cette information).

    Il fait froid. MAIS la voiture a démarré.

    Là c’était le week-end dernier quand j’ai embarqué tout le monde avec beaucoup d’enthousiasme dans la promenade que j’avais testé la veille. On a dû tirer les enfants pas hyper motivés puis certains ont eu faim alors qu’on était loin et qu’on avait que des amandes grillées. Heureusement on a trouvé un restau-sauna flottant (enfin en ce moment pas flottant) qui s’appelle Flou, et c’était plutôt pas mal du tout.

    Les flocons qui tombent lentement sont toujours aussi beaux. Sinon, Solal a fabriqué une mangeoire pour les oiseaux, le balcon est à nouveau the place to be.

    Luge et cours de hockey sur glace après l’école.

    Fin de semaine: est-ce qu’on peut rester là toute la vie ? (C’est parce qu’il n’y a pas d’araignées dans l’appartement, a dit Solal).

  • J164 Les glaçons sont dans le lac

    Nous voilà de retour après deux semaines en France à remplir nos batteries de famille et d’amis. On a eu l’impression de partir en voyage à l’étranger. Le voyage en avion a été mémorable, à l’aller et au retour. Les garçons ont été invités dans le cockpit de l’avion avant le départ et ont même eut un salut amical au micro par le pilote à la fin du vol. Une fois à sa place Solal s’est écrié joyeusement: « oh il y a même un bouton pour mettre de la musique ». Il faut savoir qu’il a une passion pour tous les boutons poussoir, qu’il teste sans hésitation. Ni une ni deux, le bouton « avec le bonhomme qui danse » est donc pressé. C’est le bouton pour appeler une hôtesse. Heureusement qu’il est trop chou.

    Au retour il y avait une tempête de neige à Amsterdam. Refoulés au contrôle sécurité, avec les sacs complètement deballés de leurs liquides et objets électroniques, nous avons ensuite du remonter la loooooongue file d’attente les joues rouges sous les regards compatissants (plus ou moins). Avion annulé, reclassement sur un vol direct le lendemain, hôtel à réserver pour le soir même, bus dans lequel on jongle avec nos trop nombreux pass navigo remplis de divers tickets inutilisables, train à changer pour faire Helsinki-Tampere. Les enfants déjà azimutés du retour en Finlande, alors qu’ils seraient bien rentrés à Cesson-Sévigné, n’y comprennent plus rien, et ne reçoivent plus du tout les ondes parentales. Finalement on a gagné une nuit de sommeil plus longue (l’arrivée était prévue à minuit à Helsinki), un plouf dans la piscine de l’hôtel (vous allez finir par penser qu’on a des goûts de luxe… Mais c’était l’hôtel le moins cher de la liste, je vous jure!) et une pizza. Achille a très vite validé l’annulation de l’avion.


    Le vol le lendemain a eu deux heures de retard, dû au brouillard trop épais à Nantes, beaucoup d’avions étaient encore soit très en retard, soit annulés à cause du vent à Amsterdam. C’était la fête de la grimace.
    Dans l’avion on s’est fait chouchouté comme tous les autres passagers avec un sandwich et un verre de coca, un coussin pour dormir (juste pour Solal, je vous dis pas la tête de son frère) et une galette bretonne. On a couru très vite et attrapé notre train pour Tampere, avec même un peu d’avance. Une contrôleuse offre un ticket aux enfants en leur disant les mots en français qu’elle connaît. Tervetuloa!

    Tout est blanc quand on arrive, on se dit que c’est chouette de revenir dans ces conditions. Le lendemain le soleil brille, la période d’automne pluvieuse et sombre est visiblement derrière nous. Suite en photos de ces deux derniers jours à savourer la neige, le soleil, les glissades en luge, la vapeur d’eau qui s’échappe du lac en train de geler et les premiers pas sur celui qui l’est déjà… Magnifique expérience que celle du froid sec à -16°C avec le son des blocs de glace  qui s’entrechoquent, portés par le courant.

    Un petit bain? Remarquez les crochets pour suspendre sa serviette à gauche. Ce n’est pas anecdotique, il y a vraiment des baigneurs (2 quand on est passés).

  • J141 La chasse aux aurores

    Depuis quelques mois maintenant on traque l’indice Kp. L’indice Kp indique l’activité des orages géomagnétiques. Il est calculé à partir des variations du champ magnétique terrestre (exprimées en nT), variations liées à l’activité solaire. Un gros indice Kp augmente la probabilité de voir des aurores boréales, à condition que le ciel soit dégagé, et que la nuit soit bien couchée (ça en général c’est pas le problème).

    En fait une aurore est créée par une éruption solaire plusieurs dizaines d’heures avant l’observation. Les vents solaires, composés d’électrons et de protons, mettent entre 1 jour (pour les particules les plus énergétiques) et 4 jours pour atteindre la Terre après un voyage de 150 millions de kilomètres, ce qui donne une vitesse entre 400 et 1500 km/s. En comparaison, la lumière du soleil nous arrive en 8 minutes seulement.

    Quand le vent solaire atteint la terre, il est dévié vers les pôles par le champ magnétique terrestre et crée ces rideaux lumineux dans le ciel quand électrons et protons frappent les atomes d’oxygène et d’azote de l’atmosphère. Les aurores sont des phénomènes locaux donc il faut être à l’affût. On n’a pas été chanceux jusqu’ici mais on reste à l’affût, des aurores ont été vues hier à Tampere.

    Là par exemple y’a pas d’aurore