Oh my god, comme disent les enfants, on a passé les 300 jours en Finlande! Dans deux mois les enfants seront chez papy et Mamie en Normandie (Achille compte les semaines) et nous serons en plein rangement de nos affaires pour le retour. SNIF.

Les premiers mois, je répugnais à passer pour une touriste, maintenant on fait un peu partie du décors, même si je dis souvent « Sorry I don’t speak finnish ».
Un jour on est rentrés dans le train à côté de touristes un peu paumés qui débarquaient de l’aéroport, en se disant que c’était chouette de se sentir chez nous en débarquant à la gare de Tampere. D’ailleurs c’est drôle, j’ai vu le monsieur sur le quai, il avait un sac à dos, une veste, des chaussures Quechua, je me suis dit « tiens c’est peut-être un Français » et bingo, deux minutes après il râlait déjà contre le wagon qui était trop loin (bonjour les stéréotypes, mais quand même, haha).

Tampere restera un petit peu chez nous, personnellement je sais que je serai nostalgique contrairement à Maxime qui sait visiblement se remémorer les bons souvenirs sans nostalgie ni mélancolie.

Alors, vous allez rester plus longtemps? Me demandait une copine il y quelques jours. Non, ce n’était pas le plan initial, pas de travail, bla bla bla. En réalité c’est une bonne excuse. On a beaucoup aimé vivre ici, mais on sera contents de rentrer en France.

Ça me rappelle cette rencontre fortuite au milieu du lac gelé avec une blogueuse Française que je suivais il y a des années. Son visage me disait quelque chose, je ne lui ai pas dit, au fait, vous ne seriez pas une telle ? Mais je me suis sentie obligée de discuter (typiquement pas Finlandais comme réaction) étant donné que Solal venait de dire tout haut: Maman la dame parle français, tu peux lui parler!
Elle me dit qu’elle adore la Finlande, qu’on a une chance folle d’habiter ici, que c’est un pays si incroyable. Elle finit en me demandant: mais pourquoi rester un an seulement, vous ne voulez pas rester plus ?
Je lui ai donc expliqué que c’était une belle expérience, mais que c’était loin de nos familles. Ce à quoi elle a eu cette réponse : mais ce n’est que 2h en avion! Comme je suis une grosse dégonflée, je n’ai pas osé lui dire que ça coûte 1500€ pour quatre, que ce n’est pas 2h de voyage mais 10h au minimum, et que j’ai déjà des palpitations à l’idée du bilan carbone d’un seul voyage alors s’il fallait en faire plus… Et puis tout simplement, pourquoi vouloir toujours plus ?

Bref après cette discussion cordiale mais qui m’a parue dissonante, je suis partie un peu tourneboulée en me demandant si vraiment on en avait assez profité et si on était des gros nuls à être contents de rentrer. C’est vrai ça, pourquoi on ne resterait pas plus longtemps, pourquoi on ne provoquerait pas cette chance folle maintenant que tout le contingent administratif est réglé (plus ou moins) ?
Je me suis donc lancée dans un inventaire de ce qui nous manque (sans ordre d’importance):
– Moustique le chat.
– Mon travail.
– Notre bonne vieille maison, comme dit Achille.
– Le maraîcher sur le marché et ses légumes de saison, juteux, goûteux et colorés.
– Flâner à la bibliothèque pour trouver des livres en français sur n’importe quel sujet.
– Les conversations rapides au coin de la rue.
– Et surtout, surtout: voir facilement les gens qu’on aime, nos familles et nos copains.

Je vois bien qu’on pourrait s’insurger en nous disant que nous ne sommes que des bobos casaniers, que les habitudes ça se reconstruit, mais c’est comme Joachim Du Bellay qui se demandait quand est-ce qu’il reverrait son petit village dans la douceur Angevine, c’est aussi quelque chose dans l’air, quelque chose de léger, un repos peut-être, et le réconfort à portée de mains.

Et maintenant, qu’est-ce qui nous manquera de la Finlande une fois rentrés ?
Ce sera l’occasion d’un prochain article tiens!
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